Opinion

Campagne de désinformation

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Pierre Gauthier, Enseignant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM)

Édition du samedi 02 et du dimanche 03 février 2008

Mots clés : réforme scolaire, désinformation, Manifestation et émeute, Éducation, Québec (province)

J'ai reçu une invitation de la présidente de mon syndicat pour participer à la manifestation [Marchons pour stopper la réforme et la corriger, qui a lieu aujourd'hui à Montréal]. Je veux bien «défendre l'importance de préserver l'enseignement et l'évaluation des connaissances dans les écoles du Québec et soutenir les enseignantes et les enseignants qui réclament le droit de continuer d'exercer leur profession sans ingérence ni contraintes quant au choix de leurs approches pédagogiques», mais je voudrais comprendre en quoi le «renouveau pédagogique» découlant du Programme de formation de l'école québécoise fait obstacle à cela.

Dans le chapitre 1, à la page 1, on peut lire: «Le Programme de formation s'appuie sur différents courants théoriques qui traitent de l'apprentissage et qui ont en commun la reconnaissance du rôle déterminant de celui qui apprend dans l'édification de ses compétences et de ses connaissances. [...] Ces modèles théoriques ne préjugent toutefois en rien de la diversité des approches pédagogiques qu'un enseignant peut adapter ou combiner, selon son expérience et son jugement pédagogiques, pour se conformer aux orientations du Programme de formation. En effet, s'il appartient au Ministère de fixer les orientations du système éducatif, il revient aux intervenants scolaires d'en définir les modalités de mise en oeuvre.» Dans ma classe, je peux donc choisir l'approche pédagogique de mon choix.

Les savoirs en maths

Plus loin, dans le chapitre 6 traitant du fomaine de la mathématique, de la science et de la technologie, à la page 19 on peut lire: «Le développement et l'exercice de cette compétence [résoudre une situation-problème] exigent de l'élève qu'il décode les éléments qui se prêtent à un traitement mathématique, qu'il représente la situation-problème par un modèle mathématique, qu'il élabore une solution mathématique, qu'il valide cette solution tout au long du processus et qu'il échange l'information relative à la situation-problème et à la solution proposée.» En conséquence, je dois enseigner des connaissances (savoirs) mathématiques.

De plus, selon les critères d'évaluation de cette compétence, qui se retrouve à la page 23 du chapitre 6, je suis dans l'obligation d'évaluer des connaissances (savoirs) en mathématiques. Voici ces savoirs:

- manifestation, oralement ou par écrit, d'une compréhension adéquate de la situation-problème;

- mobilisation de savoirs mathématiques appropriés à la situation-problème;

- élaboration d'une solution appropriée à la situation-problème;

- validation appropriée des étapes de la solution élaborée.

Je pourrais faire le même exercice pour chacune des compétences mathématiques et arriver au même constat: je suis dans l'obligation d'enseigner et d'évaluer des connaissances mathématiques.

Puisque, dans ma classe, je peux choisir l'approche pédagogique qui me convient et que je suis toujours dans l'obligation d'enseigner et d'évaluer des connaissances, dois-je conclure que mon syndicat se livre à une campagne de désinformation?


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