Au-delà du hamac
Mots clés : Punta Cana, Vacances, Tourisme, République dominicaine (pays)
Sur la côte atlantique de la République dominicaine

La ville fondée en 1502, aux débuts de la colonisation de l'Amérique, et la région de la côte atlantique de la République dominicaine sont parmi les destinations les plus connues de ce pays des Caraïbes. Les Espagnols, anciens colonisateurs, exercent maintenant leur emprise sur cette partie de l'île d'Hispaniola au moyen des chaînes hôtelières dont ils sont majoritairement propriétaires. Le pays est en général très prisé par les voyageurs québécois, et ce, depuis plusieurs années. L'an dernier, 571 100 Canadiens ont visité la République dominicaine, dont 162 500 Québécois. D'ailleurs, près de la moitié de la population dominicaine vit du tourisme.
Sur la Costa Ambar (la côte d'ambre, où se trouve Puerto Plata), comme dans les autres régions touristiques du pays, les hôtels, centres de villégiature et autres tout-compris sont nombreux. De trois à cinq étoiles, en passant par des auberges et même des appartements luxueux, il y en a pour tous les goûts.
Dans les environs de Puerto Plata, les complexes hôteliers Iberostar, Sun Village et Lifestyle Hacienda Resorts accueillent plusieurs habitués des resorts et leur offrent confort, luxe et détente. Plus à l'est, à Sosúa, le Sosúa Bay et son voisin, l'hôtel Victorian House, proposent respectivement un service tout-compris et un confort cinq étoiles. On prévoit bientôt l'ouverture d'un complexe abritant un casino, un centre de conférence, une discothèque et un gymnase en face du Sosúa Bay, ainsi que la construction prochaine d'un hôtel, voisin des deux autres.
Encore un peu plus à l'est, on trouve Playa Grande, une des plus belles plages de la région. Comme partout ailleurs, la construction d'hôtels va bon train ici aussi. La rumeur veut d'ailleurs que le sable blanc et le green du terrain de golf adjacent ne seront bientôt plus foulés que par des pieds privilégiés puisqu'un hôtel de luxe avec accès direct à la plage et au golf pourrait remplacer l'Allegro, qui y avait encore pignon sur mer il n'y a pas si longtemps.
Et ce ne sont là que quelques exemples. En effet, bien qu'elle soit une destination touristique depuis déjà plusieurs années -- le tourisme de masse a débuté sur la côte atlantique dans les années 1980 --, il semble que la région de Puerto Plata n'ait rien perdu de son dynamisme au XXIe siècle.
Même si on opte pour des vacances tous frais compris, rien n'empêche le visiteur un peu curieux d'abandonner le confort de la piscine pour aller jeter un coup d'oeil aux alentours. Et il n'est même pas nécessaire de quitter la novia del Atlántico (Puerto Plata est parfois surnommée «la fiancée de l'Atlantique») pour parfaire ses connaissances de la région. En effet, l'avantage d'une destination vacances comme Puerto Plata, c'est que, peu importe où l'on séjourne, on est à quelques minutes de la ville et de ses services (contrairement à certains complexes hôteliers du Sud dans lesquels on se retrouve complètement isolé, à plusieurs kilomètres de toute civilisation... mais à quelques pas de la piscine et d'un piña colada!).
D'abord, une balade dans les rues animées de la ville s'impose afin d'admirer les bâtiments du XIXe siècle et les maisons de toutes les couleurs. Tout près, la promenade Malecón est accessible en guagua (autobus) ou en voiture. On s'y rend pour profiter de la plage de Long Beach ou pour visiter la Fortaleza San Felipe, forteresse construite au XVIe siècle pour défendre le port.
Pour admirer Puerto Plata la tête dans les nuages, on gravit le Pico Isabel de Torres, qui domine la région du haut de ses 793 mètres. On peut s'y rendre en voiture par une petite route abrupte, mais mieux vaut profiter du téléphérique qui atteint le sommet en quelques minutes. Une fois là-haut, au pied de la statue du Christ les bras en croix, le Pico Isabel de Torres se donne des airs de Corcovado et on se croirait presque à Rio!
Le soir venu, on se rend sans hésiter à Cabarete, à quelques kilomètres vers l'est; la ville est très animée et les terrasses des restos-bars le long de la plage se transforment, une fois le soleil couché, en véritables boîtes de nuit. La clientèle est jeune et, toute la journée, les visiteurs de passage se mêlent aux touristes à long terme pour profiter du réseau Internet sans fil sur la plage, mais surtout pour s'adonner à la planche à voile, au surf ou au kite-surf, qui font la popularité de Cabarete. Et lors des festivals, comme celui de jazz au mois de novembre, le lieu continue de séduire alors que le bruit des vagues se mêle aux rythmes caribéens au clair de lune.
Un itinéraire incontournable pour vraiment découvrir la région: la route touristique (la carretera turística) débute entre Sosúa et Puerto Plata et se rend jusqu'à Santiago de los Caballeros en traversant les magnifiques paysages de la cordillère Septentrionale.
À peine sommes-nous sortis de la ville que les champs de canne à sucre s'étendent déjà des deux côtés de la route, qui commence ensuite à grimper dans la montagne. Au sommet de la cordillère: La Cumbre, village surtout connu parce que c'est là que se trouve l'entrée de la mine d'ambre la plus importante du pays.
Bercés par les rythmes du merengue et de la bachata, nous admirons le paysage. Aux détours de la route: les maisons typiques, les buanderies improvisées avec leurs vêtements qui sèchent sur les clôtures, les cours d'école remplies d'enfants souriants en uniformes, un vieil homme faisant le trajet à dos d'âne et une femme portant un gallon d'eau en équilibre sur sa tête... Des tableaux typiques de la «vraie» République dominicaine et l'occasion de ramener des images qu'on ne retrouve pas souvent sur les cartes postales touristiques.
Les paysages continuent de défiler au rythme des cahots deu chemin, moins bien entretenu que la route principale. Là, une vieille femme vend des chapeaux qu'elle a elle-même tissés; plus loin, une famille propose un étalage de fruits exotiques tous plus appétissants les uns que les autres. (Le cajuíl, étonnant fruit rose qui semble presque fait de cire, nous tente beaucoup, mais nous n'osons pas y goûter de peur de passer le reste du voyage confinés à la chambre d'hôtel, incommodés par un mal propre aux touristes.)
Pour emprunter la Turística, on peut louer une voiture ou encore prendre un taxi (on peut s'entendre sur un prix avec le chauffeur au moment du départ), qui viendra nous chercher et nous raccompagnera à la porte de l'hôtel. Les motoconchos (motocyclettes), qu'on voit partout dans les rues de Puerto Plata, ne sont pas recommandées car la route est sinueuse et en mauvais état à plusieurs endroits.
La ciudad corazón
Nous arrivons à Santiago de los Caballeros après presque deux heures de route ponctuée de nombreux arrêts pour prendre des photos. La ville, première à porter le nom de Santiago en Amérique, se trouve au centre de la riche vallée de Cibao, ce qui lui vaut le surnom de ciudad corazón (la ville-coeur). L'une des premières colonies d'agriculteurs espagnols s'y est installée en 1503. C'est parce que cette colonie était composée majoritairement de gentilshommes (caballeros) de l'ordre de saint Jacques qu'on donna au lieu le nom de Santiago de los Caballeros.
Santiago est la deuxième ville en importance au pays, après la capitale, Santo Domingo. L'activité y est donc beaucoup plus importante que sur la côte atlantique que nous venons de quitter. Les motoconchos se faufilent agilement entre les automobiles et les camionnettes au son des klaxons. Et partout, une odeur d'essence, commune aux villes plus populeuses, nous assaille et nous fait presque regretter la plage et ses arômes de noix de coco...
À Santiago de los Caballeros, une visite du Centro León Jimenez s'impose. Le musée, inauguré en 2003, est l'une des institutions culturelles les plus importantes du pays. Sur les thèmes de l'art, de la culture et de l'environnement, il propose diverses activités et conférences et possède notamment une intéressante collection d'objets taïnos. Les Taïnos formaient la plus ancienne civilisation des Caraïbes; ils ont été exterminés au XVIe siècle, victimes des conquêtes et des virus européens. Tout près, un bâtiment abrite une réplique de La Aurora, première fabrique de cigares de la famille Jimenez, à l'origine du centre.
Puisque la ville est située loin de la mer, on n'y trouve pas de tout-compris. La plupart des hôtels de la région accueillent des gens d'affaires ou des touristes en route vers les régions plus fraîches de Constanza, au nord du parc national Valle Nuevo, ou du Pico Duarte, la plus haute montagne des Caraïbes.
En passant par Santiago, on peut également visiter le Monumento de los héroes de la restauración de la República, une construction à la forme phallique érigée dans les années 1940 par le dictateur Trujillo en son propre honneur, et d'où l'on bénéficie d'une belle vue sur les alentours. En face du parc Duarte, au coeur de la ville, on peut aussi visiter gratuitement la cathédrale de Santiago Apostol, qui abrite les tombes de quelques héros de la Restauration.
Peu importe où l'on va en République dominicaine, il y a de bonnes chances qu'on y soit accueilli par de larges sourires et des Hola! chaleureux. Les Dominicains sont en effet très accueillants et n'hésitent généralement pas à rendre service. Si votre espagnol est un peu rouillé et que vous baragouinez l'anglais, vous aurez peut-être même l'occasion de parler français avec un des nombreux Haïtiens qui ont choisi d'aller travailler de l'autre côté de l'île Hispaniola, ou avec un Dominicain aux origines diverses ou ayant voyagé en pays francophone.
Dans l'une des boutiques qui longent la plage de la baie de Sosúa, nous avons d'ailleurs croisé un Haïtien qui connaissait par coeur certaines publicités québécoises... et, un peu plus loin, un tenancier de bar qui parlait français avec l'accent de Jonquière!
En vrac
- Désormais, les résidents permanents du Canada n'ont plus besoin d'un visa pour se rendre en République dominicaine. En plus d'une carte de touriste de la République dominicaine (que doivent aussi se procurer les citoyens canadiens), les résidents permanents n'auront qu'à présenter un passeport valide et le document officiel d'Immigration Canada confirmant leur statut.
- Février est le mois du carnaval en République dominicaine. La fête atteint son apogée le 27 février, jour de l'Indépendance. On célèbre dans tout le pays, mais spécialement à La Vega, à Santiago ou à Santo Domingo.
- Si vous voyagez sur la côte atlantique dominicaine avec un petit budget et voulez à tout prix éviter les centres de villégiature, dirigez-vous plutôt vers Sosúa et Cabarete, où vous pourrez louer une chambre ou une maisonnette à prix abordable.
- De 70 à 95 % de la production du rhum dominicain serait consommée sur place (!). Pour en savoir plus sur la fabrication du nectar doré, on peut visiter gratuitement la rhumerie Brugal, fondée en 1888 en plein coeur de la ville de Puerto Plata, sur la route principale, à 500 mètres à l'est de la sortie de la ville.
- Musée de l'ambre: www.ambermuseum.com
- Centro León: www.centroleon.org.do
- Bureau de tourisme de la République dominicaine: 2080, rue Crescent, Montréal, tél: 514 499-1918.
- Sites Internet à visiter: www.popreport.com (renseignements sur Puerto Plata et la côte atlantique), www.godominicanrepublic.com, www.dominicanrepublic.com, www.dominicanway.com, www.drembassy.org (ambassade de la République dominicaine au Canada).
Laurence Clavel était l'invitée du Bureau de tourisme de la République dominicaine.
Le Devoir
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au delà du hamac... la vraie vie...! - par Aubé Louise (laube@globetrotter.net)
Le samedi 02 février 2008 12:00

