À voir à la télévision le lundi 4 février - Une guerre oubliée

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Odile Tremblay
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 février 2008

Mots clés : documentaire, Ouganda (pays)

Catherine Hébert a atterri au nord de l'Ouganda pour filmer cette guerre mal connue, qui dure depuis 20 ans, gérée à la va-comme-je-te-pousse par les dirigeants du pays: raids, assassinats, enlèvements d'enfants pour les enrôler dans la lutte armée, viols de femmes, etc.

La documentariste parvient à faire parler les Ougandais, souvent relocalisés dans des camps (1,7 million de réfugiés y vivent). La caméra nous entraîne dans un monde désertique, ravagé par la guerre civile, où les orphelins de guerre se cachent dans des refuges pour échapper aux combattants du maquis. Quatre-vingt-dix pour cent de l'armée rebelle est constituée d'ex-enfants kidnappés que leurs familles attendent toujours.

La cinéaste s'est placée à hauteur humaine, sans narration, donnant la parole aux enfants des rues, à une fillette qui cherche un endroit où dormir sans danger, à une pauvre aïeule ravagée par ses souvenirs, etc. Le film constitue le portrait collectif d'une impuissance. Le président n'a que de vaines promesses, jamais tenues, à opposer à leur misère, utilisant la peur comme arme électorale. L'armée fantoche n'est que traîtrise. Même le paysage d'herbes folles et de huttes misérables témoigne de l'agonie d'un peuple nié, qui crie littéralement dans le désert.

La beauté des images, qui captent chaque malheur avec respect, ajoute une dimension de poésie aux calamités mises en scène. Catherine Hébert n'apporte pas de réponse. Et qui le pourrait?

Questions de société / De l'autre côté du pays - Télé-Québec, 21h


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