À voir à la télévision le dimanche 3 février -La loi du père
Mots clés : Cinéma, France (pays)
La démarche est plutôt inhabituelle, car ce sont en général les producteurs américains qui recherchent avec avidité tout film français susceptible de se transformer en bon sous-produit hollywoodien. D'où l'étonnement de voir un cinéaste aussi imaginatif que Jacques Audiard (Un héros très discret, Sur mes lèvres) s'enticher d'un film américain tombé dans l'oubli, Fingers (1978), de James Toback, pour en faire une oeuvre très personnelle, teintée de pessimisme, d'une violence parfois oppressante. Une touche sombre qui doit d'ailleurs beaucoup au talent de son coscénariste, l'écrivain Tonino Benacquista.
C'est ce monde sordide, cruel, violent et sans âme que veut fuir Tom, ainsi que l'ombre oppressante d'un père vulgaire trimballant sa jeune et jolie fiancée (Emmanuelle Devos) comme on montre un trophée de chasse. Comme s'il commettait une faute grave, Tom décide de prendre en cachette des cours de piano auprès d'une jeune Chinoise qui ne connaît pas un mot de français: cela ne l'empêche pas d'être rigoureuse et exigeante pour ce bel élève doué mais quelque peu rouillé après des années à pratiquer l'art de la magouille plutôt que celui des gammes. Et on sait parfois ce qu'il en coûte à ceux qui osent trahir la loi du silence, ou celle du père.
Cinéma / De battre mon coeur s'est arrêté - Télé-Québec, 21h

