Télévision - Le match de l'année, comme toujours
Mots clés : Super Bowl, football, Sport, États-Unis (pays)
On n'avance pas de pareilles choses à la légère, mais les arguments en béton s'offrent au penseur pour qu'il puisse l'affirmer sans crainte de se faire accuser d'en beurrer par trop épais: ce match du Super Bowl, 42e de la prodigieuse lignée, disputé dimanche en Arizona, prendra des proportions historiques quoi qu'il advienne.
En résumé, ou bien les Patriots de la Nouvelle-Angleterre l'emportent, et ils passent illico à la postérité en devenant le premier club de tous les temps à boucler un calendrier avec un dossier de 19 victoires et zéro défaite, ou bien les Giants de New York gagnent, et les Patriots passent illico à la postérité en devenant le club qui, pour des raisons que la raison n'aura pas imaginées une minute, s'est cassé le nez sur le proverbial mur alors que la perfection était là, prête à être cueillie comme le proverbial fruit mûr (oui, c'est de la poésie à cinq cennes, impossible d'en concocter de la plus chère lorsqu'il est question de football, un sport trop viril pour se laisser aller aux émotions).
Remarquez, si les Giants gagnent, ils auront quand même droit eux aussi à leur morceau d'histoire. Déjà, ceux qui espèrent une victoire du négligé -- et ils sont nombreux puisque, comme le veut le propos devenu adage émis par Wilt Chamberlain, l'ancienne vedette de basketball de 7 pieds 1 pouce, «personne ne prend pour Goliath» -- comparent une telle éventualité à l'improbable scénario qui avait vu l'autre équipe de New York, les Jets, enlever le Super Bowl III en défaisant des Colts de Baltimore ahurissamment favoris. À la différence que le ton est moins emphatique: dans une sortie célèbre, Joe Namath, le quart-arrière des Jets, avait «garanti» une victoire; son homologue des Giants, Eli Manning, s'est contenté 40 ans plus tard de dire qu'il «pense savoir comment faire pour battre les Patriots».
Et ce n'est pas tout au chapitre des enjeux. Les Patriots pourraient décrocher un quatrième titre en sept ans, ce qui viendrait coller leur dynastie à celle des Steelers de Pittsburgh des années 1970 (quatre en six ans). Et si les Giants l'emportent, ce serait la deuxième année consécutive qu'un quart-arrière de la famille Manning partirait avec une bague du Super Bowl. C'était en effet il y a 12 mois à peine que Peyton et ses Colts s'offraient la totale sous la pluie floridienne. En outre, les New-Yorkais surfent actuellement sur une vague époustouflante de 10 victoires d'affilée à l'étranger, dont les trois dernières acquises pendant les séries éliminatoires, du jamais vu dans l'histoire de la NFL.
Pour toutes ces raisons, il est tout à fait possible que le Super Bowl XLII, qui réunit de surcroît des représentants de deux gros marchés, batte des records de cotes d'écoute, même si la diversification croissante de l'offre média fait en sorte que l'auditoire se fragmente. L'an dernier, l'affrontement Colts-Bears avait attiré quelque 93 millions de téléspectateurs aux États-Unis. Mais les Patriots se vendent bien, eux qui ont déjà établi deux fois en 2007 des marques pour des matchs de saison régulière.
Quoi qu'il en soit, ça commence aux alentours de 18h pour les simagrées de circonstance (début du match à 18h18 tapant), et c'est précédé de milliers d'heures de jasage de football (en fait, ça commence à midi). On ne peut qu'espérer que la rencontre sera à la hauteur de l'histoire qu'elle annonce.
Le XLIIe match du Super Bowl - Dimanche, 18h, à RDS, Fox et CTV

