Francophonie syndicale - Un programme de coopération dans les pays émergents

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Réginald Harvey
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 février 2008

Mots clés : formation syndicale, Fédération des travailleurs du Québec, Aide à l'étranger, Syndicalisme, Haïti (pays), Québec (province)

La FTQ est devenue un chef de file en solidarité internationale francophone

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) exporte son mode de formation syndicale dans plusieurs pays francophones. Celle-ci participe de près aux travaux des grandes organisations syndicales à l'échelle mondiale. Elle conduit des projets en Afrique aussi bien qu'en Haïti pour transmettre son savoir et faire profiter de son expertise.

Ancien responsable du service de la solidarité internationale durant 17 ans à la FTQ, André Leclerc procède à un tour d'horizon des activités de la centrale en cette matière. Il relate, dans un premier temps, comment la FTQ, qui fait partie de cette grande famille syndicale canadienne, s'est graduellement détachée du Congrès du travail du Canada (CTC) dans ce dossier, pour voler de ses propres ailes en 1990 et réaliser elle-même ses projets. En 1988-89, M. Leclerc a séjourné durant deux ans au Sénégal pour le compte du CTC avant que la Fédération passe en régime d'autonomie complète un an plus tard.

En 1989, le Sommet de la Francophonie se déroule à Dakar où, pour la première fois, les syndicats de la francophonie se trouvent regroupés pour faire valoir leur point de vue: «Il y avait longtemps que la Fédération poussait sur le CTC, qui, lui, intervenait auprès de la Confédération internationale des syndicats libres [CISL] pour qu'il y ait une sorte de voix des syndicats de la francophonie qui se fasse entendre dans les instances de ce sommet politique.» La FTQ s'est véritablement retrouvée à l'origine de la francophonie syndicale et, une fois de plus, les syndicats francophones participeront à un forum lors du prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra cette année à Québec.

Des projets sont initiés

Au moment où André Leclerc rentre d'Afrique, la Fédération met véritablement sur pied son service de solidarité, en profitant de ses propres ressources et de celles du CTC. Il raconte ce qui se passe: «On a bâti tout un programme de coopération en ciblant très spécifiquement les pays francophones situés surtout en Afrique; peu à peu on s'est aussi tourné vers Haïti au moment où a pris fin la dictature de Duvalier en 1996.» Il se penche sur la nature des interventions: «En général, ce qui les caractérise toutes, c'est la volonté de renforcer le mouvement syndical dans les pays en voie de développement, de les aider à se structurer, à développer leurs propres moyens d'agir et à se donner beaucoup plus d'autonomie d'action. Il ne s'agit pas de réaliser nous-mêmes des choses à leur place.»

Une tendance s'impose: le service se concentre alors de plus en plus sur la formation de formateurs, tout en diversifiant ses programmes et en soutenant notamment des initiatives d'économie sociale des syndicats. «Le gros de notre apport, au cours des années et jusqu'à maintenant, a consisté à aider et à développer des activités de formation.»

Le mode d'emploi FTQ

La FTQ en est arrivée graduellement à faire valoir son approche en matière de formation, comme M. Leclerc en témoigne: «Au début des années 90, on a réuni à Montréal, dans des séminaires de réflexion, des responsables d'éducation ouvrière des centrales syndicales africaines francophones. On a échangé sur nos méthodes, en raison du fait que nous avons à la FTQ une longue tradition de formation et de formation de formateurs remontant aux années 70. Pour leur part, ils étaient très influencés par les syndicats français et par la tradition européenne très magistrale en vertu de laquelle des gens spécialisés viennent transmettre leur savoir.» Il s'arrête sur la méthode de la Fédération: «On favorise une approche d'autoformation en fonction de laquelle les formateurs sont davantage des animateurs qui aident un groupe à faire le ménage dans ses propres connaissances et à réfléchir ensemble sur les méthodes d'action, les enjeux, les objectifs, etc. On fait cela à l'interne et les formateurs sont des militants de base; ce ne sont pas des professeurs d'université, même si on a des cours plus avancés pour lesquels on fait appel à des experts dans différentes disciplines.»

La FTQ en est arrivée graduellement à faire valoir son approche en matière de formation, comme M. Leclerc en témoigne: «Au début des années 90, on a réuni à Montréal, dans des séminaires de réflexion, des responsables d'éducation ouvrière des centrales syndicales africaines francophones. On a échangé sur nos méthodes, en raison du fait que nous avons à la FTQ une longue tradition de formation et de formation de formateurs remontant aux années 70. Pour leur part, ils étaient très influencés par les syndicats français et par la tradition européenne très magistrale en vertu de laquelle des gens spécialisés viennent transmettre leur savoir.» Il s'arrête sur la méthode de la Fédération: «On favorise une approche d'autoformation en fonction de laquelle les formateurs sont davantage des animateurs qui aident un groupe à faire le ménage dans ses propres connaissances et à réfléchir ensemble sur les méthodes d'action, les enjeux, les objectifs, etc. On fait cela à l'interne et les formateurs sont des militants de base; ce ne sont pas des professeurs d'université, même si on a des cours plus avancés pour lesquels on fait appel à des experts dans différentes disciplines.»

Le service de solidarité travaille toujours dans ce sens: «On leur a proposé de les aider à développer eux-mêmes des équipes de formateurs en mesure d'offrir une formation décentralisée qui soit collée sur leurs réalités et adaptée à leurs besoins. Voilà ce qu'on fait depuis 13 ou 14 ans.»

Le respect des droits syndicaux

Dans le cadre de sa participation aux activités de la Confédération syndicale internationale (CSI), la FTQ collabore, de concert avec la CSN, la CSD et des syndicats européens, au développement d'un réseau de délégués aux droits syndicaux et humains, «une sorte d'observatoire des violations de ces droits, qui sont très fréquentes dans les pays africains en raison des soubresauts de toute sorte qui se produisent. Les dirigeants de ces pays ont parfois la gâchette rapide et emprisonnent facilement les chefs syndicaux en cas de grève».

Le but de l'opération est donc de «développer un réseau qui alerte le mouvement syndical en Afrique et un peu partout dans le monde en se servant des moyens de communication électroniques pour bâtir des campagnes de soutien et de sensibilisation. Ainsi, on peut forcer les médiations et faire en sorte que les droits syndicaux soient mieux respectés».

Le dossier d'Haïti

Il est ainsi long et difficile de mener à bon port des projets en Haïti, où la conjoncture politique pose de nombreuses entraves majeures à leur réalisation. Le service de solidarité n'en poursuit pas moins ses efforts dans ce pays, comme le rapporte André Leclerc: «Envers et contre tous, il y a des syndicats qui ont émergé dans ce chaos politique et économique. On essaie de les soutenir et de les aider à se structurer.»

Dans ce but, plusieurs des syndicats de la FTQ ont été mis à contribution. «Ceux-ci ont participé à des formations et à du soutien technique en développant des partenariats avec des syndicats du même secteur ou d'un secteur apparenté. Par exemple, le Syndicat canadien de la fonction publique a soutenu les infirmières et des gens de l'électricité d'Haïti.» Il cite d'autres exemples tout en apportant une précision: «Tout le monde a mis la main à la pâte, mais on a fait cela dans un projet coordonné. On essaie d'appuyer les efforts de regroupement de ces syndicats qui, auparavant, oeuvraient chacun de son côté dans ce pays.» Il dépeint une situation complexe: «Là-bas, on a beau aider des organisations à se structurer, le pays lui ne l'est pas sur le plan des institutions.»

Malgré ces écueils majeurs, la FTQ continue son travail dans ce pays où se trouve actuellement Denise Gagnon, celle qui a succédé à André Leclerc au poste de responsable du service de la solidarité internationale.

Collaborateur du Devoir


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Initiative heureuse - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le dimanche 03 février 2008 17:00

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