Mulroney s'oppose au témoignage de son ancien chef de cabinet
Mots clés : Norman Spector, Brian Mulroney, Justice, Canada (Pays)

Photo: Agence Reuters
Profitant de sa chronique publiée dans Le Devoir la semaine dernière, M. Spector a laissé entendre qu'il compte être en mesure d'aider les députés «à identifier la source de grandes quantités d'argent comptant rapportées au 24, promenade Sussex, alors que M. Mulroney était premier ministre du Canada».
Depuis, il n'a pas voulu préciser ce qu'il pourrait dévoiler, préférant garder le suspense jusqu'à sa comparution prévue le 5 février.
Bien qu'on ne connaisse pas la teneur des informations promises par M. Spector, l'avocat de M. Mulroney conclut qu'à «sa face même, la preuve de M. Spector n'a rien à voir avec votre enquête et ce serait énormément injuste de permettre sa diffusion sous le couvert de l'immunité parlementaire».
Plus encore, laisser M. Spector témoigner serait une autre preuve que le comité ne vise qu'à attaquer la réputation de M. Mulroney.
Le président du Comité sur l'éthique, le libéral Paul Szabo, a soutenu que tous les témoins ont droit au même respect du comité.
Le député libéral a rappelé que, si M. Spector a indiqué à «certains médias avoir des informations pertinentes à partager [...], ce n'était pas connu au moment où le comité» a fait la sélection des témoins à inviter à témoigner, le 15 décembre dernier.
Demeurant ferme, le président du comité a répété que M. Mulroney devrait se présenter de nouveau devant le comité, probablement le 28 février.
Lors de son passage en décembre, M. Mulroney avait reconnu avoir accepté 225 000 $ en argent comptant de l'homme d'affaires Karlheinz Schreiber, une somme versée pour du travail effectué après son retrait de la vie politique, a-t-il expliqué.
Réuni à huis clos hier, le comité n'a par contre pas pris de décision sur l'obtention des déclarations de revenus de M. Mulroney, qui s'oppose à les dévoiler.
Le président du comité est d'avis que les parlementaires ont le droit d'obliger l'ancien premier ministre à soumettre les documents en question.
«Mais il y a un certain niveau de malaise, a admis M. Szabo. Je crois qu'il y a d'autres façons d'obtenir certaines informations sans utiliser ce moyen, pour le moment.»
Par ailleurs, le comité a aussi ajouté deux noms à sa liste de témoins. La journaliste Stevie Cameron, qui a écrit quelques livres sur l'époque Mulroney et l'affaire Airbus, et l'ancienne greffière du Conseil privé, Jocelyne Bourgon, seront invitées à se présenter devant les députés.
Quant à Karlheinz Schreiber, il pourrait ne pas témoigner demain. Le comité a décidé de ne le convoquer qu'une autre fois et veut lui donner le choix de revenir devant le Parlement maintenant ou bien à la fin des travaux.

