Son dernier discours sur l'état de l'Union - Bush se veut rassurant sur l'économie et l'Irak

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Claude Lévesque
Édition du mardi 29 janvier 2008

Mots clés : état de l'Union, Discours, George W. Bush, États-Unis (pays)

George Bush souhaite la mise en œuvre rapide d'un plan de relance économique.

Photo: Agence Reuters

Dans son septième et dernier discours sur l’état de l’Union, le président américain George W. Bush a tenté hier soir de rassurer ses concitoyens sur l’état de l’économie, qui est la première de leurs inquiétudes, et sur le cours de la guerre en Irak, qui est selon lui bien moins sombre qu’il y a un an.

Aucune nouvelle initiative d’importance n’a été annoncée, ni dans ces deux domaines ni ailleurs, si bien que cette allocution a pris l’allure d’un bilan assez complaisant de sept années de pouvoir, complété par une liste de demandes adressées, ou réitérées, au Congrès.
«Sur le long terme, les Américains peuvent avoir confiance dans notre croissance économique, mais à court terme, nous pouvons tous constater que celle-ci ralentit», a déclaré George W. Bush.

Le président américain a demandé aux parlementaires d’adopter «le plus vite possible» le plan de relance de 150 milliards de dollars qu’il avait dévoilé la semaine dernière et qui comprend des réductions d’impôts et des incitatifs à l’investissement.

Ce projet avait fait l’objet d’un accord entre les deux partis jeudi dernier à la Chambre des représentants. George W. Bush cherche à déjouer les efforts de certains sénateurs démocrates pour obtenir un plan qui aille au-delà de ces mesures incitatives.
«Il est tentant de surcharger le projet de loi. Cela risquerait de le faire avorter ou d’en retarder l’adoption, deux éventualités qui ne sont pas acceptables», a-t-il déclaré hier soir.
M. Bush a également demandé au Congrès de pérenniser les réductions d’impôts décrétées depuis les premières années de sa présidence, à l’époque où son parti contrôlait les deux chambres de la législature.

Le président a dit qu’il fallait laisser les gens gérer leur argent plutôt que de les taxer. Il a employé le mot «empower», qui signifie selon les contextes «émanciper», «responsabiliser» ou «remettre le pouvoir» et qui est revenu comme un leitmotiv tout au long de son discours.
Toujours dans le domaine économique, le président a promis de déposer la semaine prochaine un collectif budgétaire qui permettra selon lui d’équilibrer les comptes publics vers 2012.
Il a également demandé au Congrès d’approuver un train de mesures pour venir en aide aux propriétaires qui ont de la difficulté à rembourser leurs emprunts hypothécaires.
Il est aussi revenu à la charge avec un certain nombre de demandes qui avaient échoué dans le passé, concernant notamment une réforme de l’Immigration et de nouvelles formules pour assurer le financement de programmes sociaux comme le régime des retraites, Medicare et Medicaid.

Sur la question du rechauffement de la planète, M. Bush a réaffirmé son engagement à promouvoir la lutte contre les gaz à effet de serre, mais à condition que la Chine et l’Inde en fassent autant.
«Tentons de parvenir à un accord international qui soit capable de ralentir, d’arrêter et en fin de compte de renverser la progression des gaz à effet de serre», a-t-il dit. Mais «cet accord ne sera efficace que s’il comprend les engagements des principales économies mondiales et si aucune n’y échappe», a-t-il conclu.

Réitérant sa volonté de réduire la dépendance des États-Unis envers le pétrole, M. Bush s’est prononcé en faveur du développement de nouvelles technologies moins polluantes pour l’utilisation du charbon. Il a également réitéré son appel à relancer la filière nucléaire.
En matière de politique étrangère, c’est essentiellement l’Irak qui a retenu son attention. Il a vanté les changements survenus depuis l’envoi temporaire de 30 000 soldats en renforts au début de l’année: attentats en baisse, élimination ou capture d’insurgés en hausse, nettoyage de sanctuaires d’extrémistes.
«Al-Qaida est en détoute en Irak et cet ennemi sera défait», a assuré le président américain, tout en mettant en garde contre le regain de violence ou la renaissance d’al-Qaïda qu’entraînerait selon lui un retrait trop hâtif.

Devant ses adversaires démocrates Hillary Clinton et Barak Obama, qui briguent sa succession et répugnent à poursuivre la guerre, et bien que la majorité des Américains réclame un désengagement, le président a affirmé que «tout retrait supplémentaire de soldats américains [serait] déterminé par les conditions sur le terrain».
Selon des responsables de son administration, M. Bush attendra un rapport prévu au printemps pour décider ou non de nouveaux retraits.

Moins d’un an avant que M. Bush ne quitte la Maison-Blanche, la santé de l’économie, qui souffre de la cherté du pétrole et de la crise des prêts hypothécaires à risque, a supplanté la guerre en Irak en tête des inquiétudes des Américains, s’accordent à dire sondages.
Et, selon une enquête d’opinion menée récemment pour la chaîne NBC et le quotidien The Wall Street Journal, 64 % des Américains désapprouvent la manière dont le président gère les affaires économiques et 67 % celle dont il conduit la guerre.

M. Bush prononçait son discours alors que les deux grands partis politiques sont en pleine campagne pour désigner les candidats à sa succession. Samedi, les démocrates tenaient leur élection primaire en Caroline du Sud et aujourd’hui, les républicains font de même en Floride.
Outre le président lui-même, les deux personnes dont l’entrée au Capitole a été observée avec la plus grande attention hier soir étaient Hillary Clinton et Barack Obama, qui ont brièvement interrompu leur campagne très musclée pour se rendre à Washington.

Le Devoir
Avec Reuters et l’Agence France-Presse


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