Obama a le vent en poupe
Mots clés : Parti politique, Caroline du Sud, Barak Obama, États-Unis (pays)
Il doit son triomphe en Caroline du Sud à l'appui de l'électorat noir

Photo: Agence Reuters
Barack Obama continue de faire campagne pour prouver qu'il n'est pas seulement le candidat de la minorité noire. «Nous avons réuni la coalition la plus diversifiée que l'on ait pu voir depuis longtemps», a-t-il tenu à dire à ses partisans et aux téléspectateurs samedi. Les observateurs de la scène politique américaine relèvent quand même qu'en Caroline du Sud, avant-hier, le jeune sénateur de l'Illinois a triomphé parce que l'électorat noir a voté pour lui à 80 %, selon les sondages de sortie des urnes. Les Noirs forment la majorité des électeurs démocrates déclarés de cet État du Sud. M. Obama n'y aurait recueilli que 24 % des votes des électeurs blancs. Il aurait toutefois obtenu presque autant de votes de la part des hommes blancs que l'ex-première dame, selon le Washington Post.
Barack Obama a largement devancé Mme Clinton en Caroline du Sud, recueillant environ 55 % des voix contre 27 %, au terme d'une campagne très virulente. John Edwards a annoncé qu'il continuait de mener campagne après avoir pris, avec quelque 18 % des votes, la troisième place dans l'État qui l'a vu naître et qu'il avait remporté en 2004.
Pour les candidats à l'investiture démocrate, les batailles État par État ont pris fin samedi. Ils font déjà campagne en vue du grand rendez-vous du 5 février, quand 22 États, et non les moindres, tiendront leurs élections primaires. La Californie, qui enverra 441 délégués à la convention démocrate du 25 août à Denver, l'État de New York (281), le Massachusetts (121), l'Illinois (185) et le New Jersey (127) sont du nombre. Certains ont une forte majorité noire à l'instar de celui qui a voté avant-hier; c'est notamment le cas de la Géorgie; d'autres, comme l'Arizona et le Nouveau-Mexique, ont une importante communauté hispanique. New York et la Californie, régions cosmopolites des côtes atlantique et pacifique, réunissent évidemment les deux caractéristiques.
Hier, Hillary Clinton était dans le Tennessee, et Barack Obama se trouvait en Géorgie.
Du côté des républicains, les aspirants à la succession de George W. Bush font activement campagne en vue de la primaire de demain en Floride, où l'ex-gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, et le sénateur de l'Arizona, John McCain, sont à égalité. L'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, qui a pourtant consacré tous ses efforts des derniers mois dans le Sunshine State, risque de voir ses derniers espoirs présidentiels s'y évanouir dès demain. Selon les sondages, il dispute la troisième place avec l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, que l'on n'a pas pourtant pas beaucoup vu dans la péninsule.
Le gouverneur de la Floride, Charlie Crist, a récemment retiré son appui à M. Giuliani, au profit de John McCain.
Les candidats démocrates n'ont pas fait campagne dans cet État du sud-est, qui n'aura aucun délégué à la convention nationale du parti l'été prochain, en vertu d'une punition imposée par la direction nationale à sa section locale, pour avoir avancé la date de son élection primaire.
Le sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy, doit annoncer aujourd'hui qu'il appuie Barack Obama dans la présente course à l'investiture démocrate. C'est ce qu'ont indiqué hier des membres de l'entourage des deux hommes. Cette nouvelle a causé une certaine surprise, plusieurs observateurs s'attendant à ce que le vieux politicien reste neutre jusqu'à la fin de la course.
La fille de John Fitzgerald Kennedy, Caroline, a déjà annoncé qu'elle se ralliait à la candidature d'Obama.
Par ailleurs, l'ancienne diplomate Liz Cheney, fille du vice-président Dick Cheney, va rejoindre l'équipe de Mitt Romney, a annoncé hier le service de presse de ce dernier.
Mlle Cheney, qui suivait le dossier du Moyen-Orient au département d'État, conseillera le candidat pour les affaires étrangères, selon un communiqué.
La fille du vice-président américain avait, dans un premier temps, soutenu la candidature de l'acteur Fred Thompson avant que celui-ci ne mette un terme à sa campagne, la semaine dernière.
La guerre en Irak est revenue au centre des débats entre les candidats à l'investiture républicaine samedi, John McCain ayant accusé Mitt Romney d'être partisan d'un calendrier pour le retrait des troupes, ce que ce dernier a démenti.
«Le gouverneur Romney voulait fixer une date pour le retrait similaire à celle que les démocrates appellent de leurs voeux, ce qui aurait mené selon moi à une victoire d'al-Qaïda», a déclaré McCain lors d'une réunion électorale dans un restaurant.
En avril, M. Romney avait déclaré sur ABC News que le président américain, George Bush, et le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, devraient établir des calendriers et une liste d'objectifs à atteindre dans le but de réduire les effectifs militaires américains, en précisant qu'ils ne devraient pas être rendus publics.
Lorsqu'il a tenu ces propos, M. Romney n'a cependant pas demandé à ce qu'une date précise soit arrêtée pour le départ des troupes.
Le conflit en Irak ne vient qu'en troisième place dans les préoccupations des électeurs, derrière l'état de l'économie américaine et l'assurance maladie, selon plusieurs sondages.
Avec l'Agence France-Presse et Reuters
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