Les Gazaouis rentrent bredouilles

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Reuters
Édition du lundi 28 janvier 2008

Mots clés : approvisionnement, bande de Gaza, Alimentation, Frontière, Israël (pays), Égypte (pays)

La fin de l'approvisionnement de la région frontalière par les autorités égyptiennes force leur repli à Gaza

Un Palestinien se tient sur le mur qui sépare l'Égypte et la bande de Gaza.

Photo: Agence Reuters

Rafah, Égypte -- Les Palestiniens de la bande de Gaza ont regagné leur territoire en grand nombre hier, l'Égypte ayant bloqué l'approvisionnement de la région frontalière où ils venaient acheter des vivres depuis mercredi.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, avait prévenu que son pays allait prendre le plus tôt possible des mesures afin de reprendre le contrôle de sa frontière avec Gaza, mais sans donner de précisions.

Un correspondant de Reuters présent dans la partie égyptienne de la ville frontalière de Rafah a assisté au retour de plusieurs centaines de Palestiniens vers la bande de Gaza. Seule une poignée d'autres passait la frontière en sens inverse.

«Nous voulions acheter à manger. C'était très difficile. Nous n'avons rien trouvé», a expliqué Khalil Hamdan. «Nous ne reviendrons pas parce qu'il n'y a plus aucun produit.» Des centaines de camions ont été retenus avant un pont qui relie la région du Sinaï et les abords de Gaza avec le reste de l'Égypte. Les commerçants de Rafah déclarent qu'ils peinent à se ravitailler en vivres, en essence et en cigarettes.

L'armée égyptienne s'est retirée dans la nuit de vendredi à samedi de la frontière avec la bande de Gaza, près de la localité palestinienne de Rafah, permettant à des milliers de Gazaouis de pénétrer en Égypte sans rencontrer d'opposition.

L'Égypte a toutefois prévenu qu'elle ne tolérerait plus de provocations des Palestiniens après les échauffourées qui ont fait 38 blessés parmi les forces de sécurité égyptiennes depuis que des Gazaouis ont ouvert la frontière de force mercredi.

Dans la ville d'El Arich, près de Rafah, la police a informé les Palestiniens circulant dans les rues que la frontière serait bientôt fermée, ont rapporté des témoins. Il a été demandé aux Gazaouis de ne marcher que sur les routes conduisant à la frontière et de ne pas revenir.

Accord frontalier?

Le gouvernement égyptien est confronté à un dilemme. Il ne veut pas donner l'impression d'aider le blocus israélien, mais il est soumis à des pressions américaines et israéliennes pour reprendre le contrôle de la situation. Il redoute également la contagion islamiste ainsi que les conséquences de l'arrivée sur son territoire d'un grand nombre de Palestiniens sans papiers.

Le gouvernement du président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé un accord avec Le Caire prévoyant de rétablir le contrôle du passage frontalier par la garde présidentielle palestinienne.

Mais le Hamas a affirmé avoir reçu de l'Égypte l'assurance que rien de tel n'avait été convenu avec Abbas. Ismaïl Haniyeh, qui dirige l'administration du Hamas à Gaza, a dit qu'il enverrait mercredi une délégation au Caire pour discuter du contrôle des passages frontaliers. «Nous avons une seule exigence: le siège doit être levé», a dit Haniyeh. Le point de passage de Rafah doit être rouvert.

Des collaborateurs d'Abbas ont dit qu'il rencontrerait le président égyptien Hosni Moubarak mercredi au Caire. L'information n'a pas été commentée du côté égyptien.

Abbas a parallèlement rencontré hier à Jérusalem le premier ministre israélien Ehud Olmert, mais aucun progrès n'a semble-t-il été enregistré sur la question frontalière. L'entourage du président palestinien avait indiqué que ce dernier chercherait à obtenir l'appui d'Israël pour son projet de contrôle des passages frontaliers.

L'État juif a plusieurs fois rejeté l'idée en estimant que les forces de sécurité palestiniennes n'étaient pas en mesure d'accomplir cette mission pour le moment.

Olmert a déclaré à Abbas que l'État juif continuerait de laisser passer les cargaisons humanitaires vers la bande de Gaza, selon un responsable israélien.

Ahmed Youssef, responsable du Hamas dont les déclarations ne sont pas toujours entérinées par la direction du mouvement, a déclaré selon l'agence de presse Maan que les Gazaouis pourraient ultérieurement tenter d'ouvrir de force le principal point de passage entre Gaza et Israël, le terminal d'Erez, pour prolonger le mouvement amorcé à Rafah.


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