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Pour un véritable droit à l'avortement

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Caroline Sigouin
Envoyé Le samedi 26 janvier 2008 21:00



Bonjour M. Myles,

je suis extrêmement fière de vos propos dans cet article. Il est rare d'entendre des affirmations d'une telle lucidité. Vous avez su dévoiler les obstacles à l'avortement, souvent très durs à identifier, qui persistent encore au Québec. En effet, si sur le plan politique, la loi permet cette pratique, il en va autrement des mentalités. Ça fait vraiment du bien de lire un texte aussi progressiste en ces temps où la droite se fait fortement sentir.

Mais tout d'abord, pour le bénéfice de certains des précédents intervenants (à l'exception de ceux usant de jugements moraux irrationnels et fermé auxquels rien ne saurait venir à bout) j'aimerais rappeler certaines raisons qui ont fait que notre société a décider de donner le choix au femmes enceintes d'interrompre ou non leur grossesse.

Effectivement, peu d'entre-nous s'objecteraient à l'avortement dans les cas suivants : grossesse due à un viol, grossesse mettant en danger la vie de la mère, enfant qui naîtrait extrêmement malade ou infirme, enfant qui serait le 6e d'un famille monoparentale arrivant à peine à se nourrir et à se loger convenablement, mère de 12 ans, etc. Il est de nombreux autres cas moins frappants, mais une fois que l'on a décidé de trancher cette ambiguïté qu'est le droit d'interrompre une vie en formation, qui peut juger quelle raison est plus valable qu'une autre? Chaque cas est unique et nuancé et il ne saurait être question d'un procès à chaque fois. Le fait qu'interdire l'avortement donnerait lieu à bon nombre d'avortements « maison » hautement risqués est un autre des facteurs que notre société a pris en compte lorsqu'elle a légalisé l'avortement. Quant à l'intervenant qui faisait un lien avec l'immigration, il va sans dire que la procréation et la migration ne se gèrent pas comme un département de ressources humaines et qu'en pratique, la corrélation ne tient pas debout.

Pour en revenir aux mentalités, une amie à moi avait fait une comparaison qui illustre bien l'écart pouvant exister entre loi et mentalité. Saviez-vous que c'est en Libye que la constitution est la plus égalitaire au monde? Les femmes ont le droit de porter une arme... mais pas tellement de parler! Car c'est une société encore machiste. Le même phénomène se produit ici avec l'avortement : on est pour le droit, MAIS... Mais il y en a trop. Mais bonne chance ma chère, ça va être souffrant. Mais faut tu être irresponsable. Mais, mais, mais... Je me souviens précisément de mes enseignants de religion qui nous donnaient nos cours de formation personnelle et sociale. Pas besoin de vous dire que leur point de vue penchait d'un côté plus que de l'autre quand venait le temps d'aborder le sujet.

Une fois le droit à l'avortement établi, le choix revient à la femme, éventuellement au couple. Pour que cette décision soit prise librement et pour le mieux, on ne devrait plus entendre de ces commentaires généraux lancés par des personnes qui ne sont pas concernées du tout dans chacun des cas particuliers.

Caroline Sigouin

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