Affaire Mulroney-Schreiber - L'opposition a hâte d'entendre Spector
Mots clés : témoignage, Norman Spector, Affaire Mulroney-Schreiber, Justice, Canada (Pays)
L'ex-bras droit de Mulroney promet des révélations à propos de son ancien patron
Ottawa -- Déjà complexe à souhait, l'affaire Mulroney-Schreiber a gagné un volet de plus avec les affirmations explosives de l'ancien chef de cabinet de Brian Mulroney à propos de grosses sommes d'argent comptant apportées à l'époque au 24, promenade Sussex, des détails qui risquent d'animer de plus belle les réunions du comité parlementaire qui se penche sur ce sujet.Hier, M. Spector a refusé de s'expliquer davantage. On ne sait donc pas exactement à quoi il fait référence, pas plus qu'on ne comprend ce qui peut le motiver à vouloir faire ces révélations.
Un porte-parole de M. Mulroney a nié toutes ces allégations. Il a affirmé que M. Spector entretient une vieille rancune à l'encontre de M. Mulroney, sans que ce dernier sache vraiment pourquoi.
Il reste que la promesse de M. Spector de lever le voile sur cet aspect mystérieux de la vie à la résidence officielle du premier ministre conservateur de l'époque suscite l'intérêt des partis d'opposition, qui disent avoir hâte de l'entendre.
«C'est quelqu'un de très sérieux, ce n'est pas un illuminé, a lancé le député Thomas Mulcair. On a très hâte de l'entendre, sans présumer du tout de ce qu'il a à nous dire. S'il a pris la peine d'écrire ça dans un journal national, c'est qu'il a des choses à dire.»
Ce n'est pas la première fois que des histoires d'argent comptant apporté à la résidence de l'ancien premier ministre lorsqu'il était en fonction font surface. Dans des livres écrits dans les années 1990, la journaliste Stevie Cameron citait l'ancien chef cuisinier du 24, promenade Sussex, François Martin, qui affirmait avoir transporté de grosses enveloppes d'argent comptant.
Se basant sur le travail de la journaliste, la députée bloquiste Carole Lavallée a reconnu que les allégations de M. Spector ne semblent pas nouvelles de prime abord. «Mais ce qui est nouveau, c'est que quelqu'un de crédible le dise et que ce soit un proche de M. Mulroney. Ça, c'est nouveau», a-t-elle fait valoir.
M. Martin devrait lui aussi témoigner devant le comité sur l'éthique au cours des prochaines semaines.
Il fait partie de la dizaine de témoins que le comité devrait entendre au cours des trois prochaines semaines, liste dans laquelle on retrouve entre autres Allan Rock, ex-ministre libéral de la Justice, Luc Lavoie, ancien porte-parole de M. Mulroney, ainsi que quelques-uns des lobbyistes nommés depuis le début de toute cette affaire.
Le comité entend aussi rappeler à témoigner l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber ainsi que M. Mulroney lui-même. Ce dernier semble par contre peu enclin à se prêter de nouveau à cet exercice.
Lors de son passage en décembre, M. Mulroney avait reconnu avoir accepté 225 000 $ en argent comptant de M. Schreiber, une somme versée pour du travail effectué après son retrait de la vie politique, avait-il expliqué.
Dans une lettre transmise au comité, l'avocat de M. Mulroney indique que son client est récalcitrant à témoigner de nouveau compte tenu du traitement qu'on lui a réservé la dernière fois et du manque d'impartialité et d'équité du comité à son endroit.
M. Mulroney rechigne aussi à ce que la vérificatrice générale analyse ses déclarations de revenus, comme le souhaiterait le comité.

