Fardeau fiscal des entreprises - Au tour de Charest de faire la leçon à Flaherty
Mots clés : Jean Charest, entreprises, Fardeau fiscal, Économie, Québec (province)
Davos, Suisse -- Accusé la veille par Ottawa de ne pas avoir allégé suffisamment le fardeau fiscal des entreprises, le premier ministre Jean Charest a contre-attaqué hier.
Jeudi, M. Flaherty a notamment reproché au Québec et à l'Ontario de ne pas avoir éliminé leur taxe sur le capital, contrairement au gouvernement fédéral. Le gouvernement Charest prévoit la faire disparaître complètement d'ici 2011.
À cela, Jean Charest a répliqué hier que le taux d'imposition fédéral des sociétés demeurait plus élevé que celui du Québec. En fait, a-t-il plaidé, l'impôt des entreprises est plus bas au Québec que dans la plupart des provinces canadiennes et des États américains.
«Si [Jim Flaherty] pense que la réduction des impôts sur les sociétés, c'est bon, ce serait intéressant qu'il se ramène au même niveau où se trouve aujourd'hui le Québec», a lâché M. Charest en point de presse à Davos, en Suisse, où il participe jusqu'à aujourd'hui au Forum économique mondial.
«Parce qu'il est où, lui, aujourd'hui, le fédéral? Il est à 22 % [de taux d'imposition pour les entreprises]. Il projette de le ramener à 15 % d'ici 2012. Nous, on est à peu près à 11 %, 8 % pour les PME.»
Un adjoint du premier ministre a par la suite précisé aux journalistes que Québec ne souhaitait pas nécessairement une baisse du taux fédéral d'imposition des sociétés, mais plus d'aide aux entreprises manufacturières et du secteur forestier, par exemple sous la forme de crédits d'impôt. La raison? Plusieurs entreprises mal en point déclarent actuellement des pertes, de sorte qu'elles ne paient pas d'impôt de toute façon.
Malgré la discorde apparente entre les deux capitales sur la question, M. Charest a assuré que M. Flaherty avait reconnu hier les efforts de Québec pour réduire le fardeau fiscal des entreprises.
Jean Charest s'est néanmoins dit déçu que Jim Flaherty ait fermé la porte, pour l'instant, à toute bonification du plan d'aide d'un milliard de dollars dévoilé récemment par les conservateurs. Hier, il a profité de sa rencontre avec le ministre pour formuler ses demandes à l'égard du budget fédéral, qui doit être déposé le mois prochain.
Ces tensions entre Ottawa et Québec en matière fiscale rappellent l'irritation qu'avait laissé transparaître le premier ministre Stephen Harper lorsque M. Charest avait annoncé l'affectation des versements fédéraux au titre du règlement du déséquilibre fiscal à des baisses d'impôt pour les particuliers, l'année dernière.

