Revue de presse - À la guerre comme à la guerre
Mots clés : Stephen Harper, gouvernement, Média, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)
Il n'y a pas de décision plus grave pour un gouvernement que celle d'envoyer des hommes et des femmes à la guerre. La réaction à la parution du rapport du groupe d'experts indépendant sur le rôle futur du Canada en Afghanistan, cette semaine, était à la mesure du sérieux de la question. À peu près aucun autre dossier de portée nationale n'a réussi à capter l'attention, et l'accueil du rapport fut largement favorable.
Mais la plupart des journaux croient que Harper, tout autant que Dion, doit prendre acte du rapport, qui n'équivaut pas à un chèque en blanc. Parlant de l'ultimatum que le premier ministre pourrait devoir lancer à l'OTAN en avril, le Globe and Mail dit qu'il serait embarrassant pour Harper d'obtenir gain de cause à l'OTAN pour être ensuite défait aux Communes. Il lui faut l'appui des libéraux. Bien sûr, approuver la démarche de Manley obligerait M. Dion à modifier sa position, mais cela en vaudrait la peine, croit le Globe. Quant à M. Harper, il doit comprendre que le temps est venu d'adopter un esprit de coopération et de changer d'attitude. Cela signifie, entre autres choses, être plus actif sur la scène internationale, plus transparent au Canada et, «même si cela chagrine le premier ministre, tendre la main à l'opposition, aux libéraux en particulier». Sans cela, il n'obtiendra jamais la collaboration des autres partis. «Sur des questions aussi sérieuses, on devrait pouvoir attendre des partis qu'ils mettent de côté leurs querelles partisanes pour le bien commun.» Et selon le Globe, l'approche du sommet de Bucarest exige que «les chefs des deux principaux partis canadiens se rencontrent sur le pont que le comité Manley leur a érigé».
Du pareil au même
La suggestion d'ultimatum a l'appui de nombreux journaux, dont le Toronto Star, le Winnipeg Free Press, le Halifax Chronicle-Herald ou encore le Vancouver Sun. D'autres, comme le Ottawa Citizen et le National Post, le désapprouvent. Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, doute quant à lui de l'utilité du procédé. Il note que, même si le premier ministre avait l'appui de l'OTAN, il lui resterait à obtenir celui du Parlement. «Dans le contexte actuel de gouvernement minoritaire, cela ne se produira pas», prédit-il. Et de toute façon, «la présence d'un millier de soldats supplémentaires, aussi utiles soient-ils, ne redressera pas la situation.»
Thomas Walkom, du Toronto Star, est un des rares à voir dans le rapport un éloquent plaidoyer pour le statu quo. Selon lui, il ne fait que dire, «en un mot, que nous devons continuer de faire ce que nous faisons déjà, mais en mieux». Pour les sceptiques, c'est-à-dire la majorité et lui, «ce rapport offre peu de raisons pour changer d'idée».
Opposé depuis longtemps à la solution militaire, Haroon Siddiqui, du Toronto Star, craint lui aussi que le rapport ne fasse qu'encourager la poursuite de la voie militaire. Il critique sévèrement le comité pour avoir évité de parler de la raison qui explique notre présence en Afghanistan: le désir d'apaiser Washington après notre refus de participer à la guerre en Irak. Siddiqui souligne que tous les membres du groupe sont reconnus pour leur «souci de plaire aux Américains afin de maintenir nos relations commerciales». Il relève plusieurs silences, mais le plus gros défaut du document, selon lui, reste la recommandation principale. Rester en Afghanistan serait à la fois affaire de principes et objet d'un «vulgaire marchandage» avec l'OTAN. Il se demande pourquoi l'OTAN plierait maintenant et en quoi 1000 soldats changeraient la donne d'une mission en péril.
De choses et d'autres
La faiblesse du volet historique des célébrations du 400e anniversaire de Québec a fait jaser au Québec et a fini par attirer l'attention du père Raymond J. De Souza, qui écrit dans le National Post. Le religieux se désole de la publicité faite au Canada anglais, où on mise sur le caractère européen de la ville plutôt que sur son importance historique. Il ne comprend pas non plus que le Louvre ait prévu, dans le cadre des célébrations, une exposition d'antiquités romaines, grecques et autres plutôt que d'artéfacts et d'oeuvres portant sur l'histoire des Québécois. «C'est pourtant une histoire aussi prenante que certaines grandes aventures européennes pour ceux qui savent la raconter.» Citant l'auteur Richard Gwyn, De Souza écrit: «Tout le monde a un passé, mais l'histoire est différente. C'est une façon de connaître le passé pour qu'il anime le présent, offrant ainsi continuité à une culture. [...] Souligner un événement passé n'est pas la même chose que célébrer une histoire significative.»
Ça vous rappellera un certain excès de vitesse. Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, a reconnu avoir utilisé un cellulaire alors qu'il était au volant, ce qui est interdit dans sa province, la première à avoir légiféré sur ce sujet, rapporte la Canadian Press. Il n'a pu résister à répondre à un appel urgent de son bureau, dit-il, et a promis de payer sa contravention s'il en reçoit une. On n'en attendait pas moins...
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