Un thriller paradoxal
Mots clés : Gregory Hoblit, Untraceable, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)

Untraceable (Introuvable)
De Gregory Hoblit. Avec Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross, Mary Beth Hurt, Peter Lewis. Scénario: Robert Fyvolent, Mark R. Brinker, Allison Burnett. Image: Anastas Michos. Montage: David Rosenbloom. Musique: Christopher Young. États-Unis, 2007, 100 min.
***
Qualifier Untraceable d'ambigu serait exagéré. On dira plutôt qu'il s'agit d'un thriller paradoxal, dans lequel Gregory Hoblit, un habitué du genre (Primal Fear, Fallen, Fracture), dénonce le voyeurisme morbide du monde contemporain, mesuré à l'échelle des succès populaires de Saw et autres carnavals gore, tout en l'exploitant. À l'avantage de son film, peinture à numéros bien exécutée et même relevée ici et là de quelques éléments de surprise.
***
Habile faiseur, Hoblit filme tout ça avec énergie, à défaut d'invention. Couleurs saturées, grain perceptible dans l'image, scènes nocturnes où la lumière se reflète sur l'imperméable de l'héroïne, angles bien choisis... Hoblit connaît le b.a.-ba et n'éprouve aucune gêne à l'exploiter ouvertement. Son plus grand mérite demeure son habile exploitation du paysage de Portland, la métropole de l'Oregon au profil singulier, striée d'eau et de ponts, à l'architecture industrielle très éloquente, sur le plan dramatique. Si bien qu'on ferme les yeux sur les commodités du scénario -- par ailleurs farci de messages d'intérêt public sur le piratage et les bonnes moeurs des internautes --, dont celle voulant que la responsable de l'enquête et le tueur habitent la même ville. Le cyberespace, dont les ramifications nous sont décrites dans le premier tiers du film avec moult détails et loghorrées verbales, n'aura jamais semblé aussi petit. Paradoxalement.
Collaborateur du Devoir
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

