Un thriller paradoxal

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Martin Bilodeau
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 janvier 2008

Mots clés : Gregory Hoblit, Untraceable, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)

Sony Pictures
Dans Untraceable, Diane Lane (sur la photo) campe une agente du FBI qui traque les cybercriminels sur la Toile.

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Untraceable (Introuvable)
De Gregory Hoblit. Avec Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross, Mary Beth Hurt, Peter Lewis. Scénario: Robert Fyvolent, Mark R. Brinker, Allison Burnett. Image: Anastas Michos. Montage: David Rosenbloom. Musique: Christopher Young. États-Unis, 2007, 100 min.
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Qualifier Untraceable d'ambigu serait exagéré. On dira plutôt qu'il s'agit d'un thriller paradoxal, dans lequel Gregory Hoblit, un habitué du genre (Primal Fear, Fallen, Fracture), dénonce le voyeurisme morbide du monde contemporain, mesuré à l'échelle des succès populaires de Saw et autres carnavals gore, tout en l'exploitant. À l'avantage de son film, peinture à numéros bien exécutée et même relevée ici et là de quelques éléments de surprise.

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Ils ne sont guère nombreux mais, dans le contexte d'une production hollywoodienne destinée au marché de janvier, permettez que je le signale. Diane Lane y campe une agente du FBI qui, traquant les cybercriminels sur la Toile, tente de repérer un psychopathe qui orchestre de savantes mises à mort en direct sur son site Internet dont il est impossible de retrouver la trace -- d'où le titre du film. De fait, le tueur sadique, dont les exécutions sont accélérées par le nombre grandissant de visiteurs sur son site, semble tout droit sorti des Saw, Captivity et autres Hostel destinés à un auditoire de mâles adolescents. Elle, veuve et maman d'une fillette, vivant avec sa mère dans une belle grande maison en bardeaux de cèdre de Portland, paraît sortir d'un de ces thrillers des années 80 avec Cher, Melanie Griffith ou Goldie Hawn en tête d'affiche. Dans la marmite toutefois, ça bouillonne et la tension monte grâce à un scénario calibré en cinq actes, avec une proie dans chacun. Je vous laisse deviner qui sera la dernière...

Habile faiseur, Hoblit filme tout ça avec énergie, à défaut d'invention. Couleurs saturées, grain perceptible dans l'image, scènes nocturnes où la lumière se reflète sur l'imperméable de l'héroïne, angles bien choisis... Hoblit connaît le b.a.-ba et n'éprouve aucune gêne à l'exploiter ouvertement. Son plus grand mérite demeure son habile exploitation du paysage de Portland, la métropole de l'Oregon au profil singulier, striée d'eau et de ponts, à l'architecture industrielle très éloquente, sur le plan dramatique. Si bien qu'on ferme les yeux sur les commodités du scénario -- par ailleurs farci de messages d'intérêt public sur le piratage et les bonnes moeurs des internautes --, dont celle voulant que la responsable de l'enquête et le tueur habitent la même ville. Le cyberespace, dont les ramifications nous sont décrites dans le premier tiers du film avec moult détails et loghorrées verbales, n'aura jamais semblé aussi petit. Paradoxalement.

Collaborateur du Devoir


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