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le roi MOI tout seul

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Richard Lépine
Envoyé Le vendredi 25 janvier 2008 10:00



Ubu disait: "Cela se passe en Pologne, c'est-à-dire nulle part". On pourrait dire que ce que vous décrivez se passe dans un pays qui n'est pas, qui ne sait pas s'il veut être, qui n'est plus traversé par un projet de bien commun et qui est balayé par de forts vents de repli sur soi, d'accomplissement individuel et de réussite personnelle, ce que Raymond Domergue qualifiait de petit bonheur privé jusqu'à la folie.
Dans un tel contexte sévissent les politiciens mercenaires qui inventent du vent,qui produisent du vide en forme de phrases, qui éructent des slogans creux ou qui inventent des machines à évacuer la fumée plutôt que d'éteindre les feux.
Les conditionnements familiaux, sociaux, scolaires et médiatiques de même que le discours intégriste omniprésent de l'économie de marché nous amènent à considérer que chacun/chacune est une île et à oblitérer le fait que nous sommes entourés des mêmes eaux glauques d'un système mondialisé et sans-coeur dont nous participons et dont nous sommes les victimes.
Oui, "le monde sont fous" parce qu'ils préfèrent trop souvent la facilité et la sécurité du troupeau à la pensée autonome qui fait réaliser, qu'à son profit, le système nous
désintègre, nous parcellise, nous atomise en particules facilement gérables à qui on laisse pour tout horizon la possibilité de consommer en rouge, vert ou bleu un objet dont nul n'a besoin.
Où le système est le plus insidieux, c'est quand il nous accorde, à tout moment,par mesure de renforcement positif, le droit de donner notre opinion sur tout comme sur rien. Le sommet de la réalisation personnelle réside alors dans la possibilité d'exclure une personne... du LOFT. En attendant pire!
Oui, "le monde sont fous" car ils ne discutent même plus leur cage. Pourquoi? Parce qu'on leur laisse la posibilité de disposer de sa décoration à condition, bien sûr qu'elle soit conforme... aux règles du Feng Shui.
C'est parfois décourageant. Cela peut nous amener au cynisme mais , baisser les bras, se retirer, ne rien dire, ne plus avoir de compassion, ne plus se révolter contre l'injustice, ne plus penser par soi-même et qu'à soi équivaudrait à concéder la victoire à l'immense appareil de décervelage qui régit actuellement nos sociétés. Et les sociétés qui se cherchent sont sans doute plus vulnérables.
J'ose espérer qu'il est encore possible, malgré tout, de vivre, de penser et d'agir autrement et d'être porteur d'un projet de société où "le monde seraient fous" autrement, rassemblés autour de la promotion du bien commun.
Richard Lépine

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