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Le monde sont tristes.

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Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le vendredi 25 janvier 2008 08:00




Tout le monde « tiennent » le même propos que tout le monde, votre grand-mère, vous y compris. C'est toujours l'autre qui « ont » tord ou « déraisonnent ». On le salit, ce sont les autres qui le font. Partout, sur nombre de continents, on entend ou on lit ce même discours. Pourquoi faire des chroniques si on ne comprend pas le monde dans sa complexité, si l'amalgame ne fait plus (ne serait-ce que par politesse à défaut de jugeote) lieu et place à la réflexion donc à une pensée argumentée? IL y a comme une indignation publicitaire matinée d'indignation informatrice, et pour cause vous êtes chroniqueuse. On pourrait penser à une croqueuse d'informations déformées. Voilà la soupe qu'on nous sert désormais. Il y a donc une mélasse d'indignation publicitaire et informative dont on nous rabâche les oreilles et les yeux à la radio comme à la tévé ou les journaux. C'est même devenu imperméables à toutes critiques valables et constructives. Nous sommes dans le temps des tribus disait Maffessoli un jour dans un essai (1988). Un retour du tribalisme à l'échelle de la Nation, ici en l'occurrence, une Province. Le tribalisme analysé comme régime du commérage absolu aurait dit d'un point de vue médiologique Régis Debray (à lire son texte d'hier dans Le Monde (Malaise dans la civilisation, magistrale car là, il y a une pensée, une vraie et loin des « chronique-réalités » que je viens de lire avec dépit ce matin). Une tribu comme entité ethnique absolument incapable de produire de la nouveauté. Il est dit que la communication tribale c'est la narration des mythes. C'est-à-dire que la seule forme de nouveau produite est liée à un éternel retour du même sous forme du commérage. C'est une façon d'organiser un aveuglement et une surdité collective. C'est le résultat de la communication par le « Gossip » : « Le « Gossip » est une sorte de totalitarisme communicatif qui submerge tout l'espace public par ce que l'on a entendu dire. » (Peter Sloterdijk).
Ainsi donc je lis ce que j'entends dan la rue, dans les boutiques, dans les bus, dans les conciergeries. Cela donne peut-être une bonne conscience, un lavement de mains, ça n'aide pas à comprendre notre monde. Ainsi donc, les téléréalités, ce sont les jeunes et les monstruosités très occidentales énumérées dans votre liste de votre avant dernier paragraphe, c'est la faute de tout le monde. Pourtant, à vous lire vous avez oublié une chose, celle de vous y mettre dans cette liste. On n'a pas l'habitude d'aller côtoyer Paul mais pour cette fois ça vaut le coup pour une méditation du jour : « Quand j'étais enfant, je parlais en enfant, Je pensais en enfant, je jugeais en enfant. Mais, devenu homme, j'ai aboli ce qui était de l'enfant. Oui, maintenant, nous voyons dans un miroir, en énigme; ...» (I Corinthiens, 13, 11). Que pensent et sentent les enfants d'aujourd'hui avec tout ce que l'on peut dire et aiment - ils les commérages? Voudront -ils devenir des hommes?

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