L'homme qui veut créer la vie

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AFP
Édition du vendredi 25 janvier 2008

Mots clés : biotechnologies, Craig Venter, Science, États-Unis (pays)

Washington -- Craig Venter est un spécialiste américain des biotechnologies controversé, qui veut créer la première forme de vie artificielle pouvant être mise au service de l'humanité pour produire des biocarburants, lutter contre le réchauffement climatique et fabriquer des médicaments.

Pour ses détracteurs, Craig Venter, un chauve barbu de 61 ans, est un mégalomane déterminé à recréer la vie ou tout au moins à prendre un brevet exclusif d'invention à ce sujet.

Ce scientifique fonceur qui ne dissimule pas ses ambitions avait mené les efforts du secteur privé avec sa société Celera, fondée en 1998, pour être le premier à décoder le génome humain, en 2001. Il y était parvenu peu après un consortium international de recherche financé avec des fonds publics.

En 2007, son institut de recherche, créé en 2002, annonce le séquençage du génome du premier individu, à savoir lui-même, précisant que toutes les informations ont été rendues publiques.

En 2001, il avait fait scandale en faisant part de son idée de déposer un brevet sur ses travaux sur le génome humain avant d'y renoncer.

Son laboratoire, le J. Craig Venter Institute, a récidivé en octobre 2006 en déposant une demande de brevet «pour un jeu de gènes essentiels et un organisme de synthèse autonome, qui peut croître et se reproduire à l'identique», son but ultime.

Sa demande, valable pour les États-Unis et une centaine d'autres pays, avait été rendue publique fin mai par l'association canadienne ETC après qu'elle eut été publiée par les organismes responsables de la protection des brevets.

Sûr de lui, il avait déclaré en octobre à un quotidien britannique que «les scientifique allaient [bientôt] passer de la capacité à lire notre code génétique à celle de l'écrire».

«Nous avons vu beaucoup de battage venant de Venter, mais il n'est pas Dieu et il a encore beaucoup de chemin à faire avant de créer la vie», a commenté hier Helen Wallace, une biologiste, porte-parole de GeneWatch en Grande Bretagne, un organisme privé qui suit les questions éthiques et morales suscitées par l'ingénierie génétique.

«Ce type d'ingénierie génétique ouvre la possibilité pour l'homme de faire des changements beaucoup plus significatifs dans le code de la vie», a-t-elle précisé dans un entretien avec l'AFP.

«Ceci signifie qu'à l'avenir, il sera possible de créer des organismes pourvus de nouvelles séquences de leur génome, et les conséquences de cela pour l'environnement pourraient être inconnues», a ajouté Helen Wallace.

Time, qui en avait fait l'homme de l'année à une occasion, l'a inclus en 2007 dans le groupe des cent personnes les plus influentes dans le monde.

Craig Venter est aussi membre de l'Académie nationale américaine des sciences.


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