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La loi du silence

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Louis Lapointe
Envoyé Le jeudi 24 janvier 2008 09:00



Bonjour M.Dutrisac,

Il ne faut pas s'étonner de la décision du gouvernement du Québec de garder secrète une étude qui l'obligerait à agir et à se rendre impopulaire auprès de sa clientèle de prédilection, les anglophones et les allophones de l'île de Montréal. Toutefois, ne s'agit-il pas là de l'arbre qui nous cache la forêt, le vrai débat portant plus fondamentalement sur le silence de nos élus au sujet de décisions inexpliquées ou inexplicables lorsque des questions d'intérêt public sont en jeu?

Comment doit-on qualifier ces silences? Attentisme, omission, opportunisme, finasserie, restrictions mentales, hypocrisie, fourberie? Le silence ne serait-il pas devenu la voie en or de l'excuse pour ne pas commettre un pire crime : le mensonge!

«Nous n'avons pas menti cette fois-ci, nous avons juste ajourné, attendant le moment propice pour en parler!» Ce comportement enfantin du « pas vu, pas pris » est impardonnable de la part d'une ancienne journaliste. À la limite, on peut comprendre qu'un premier ministre « avocat » privilégie le silence, habitué qu'il est à garder secret les confidences de ses clients, ayant, de ce fait, succombé à une vilaine déformation professionnelle. Mais dans le cas de Christine St-Pierre, une ancienne journaliste, nous nous serions attendues à ce qu'elle fasse preuve du plus haut niveau d'éthique lorsqu'il est question de sujet d'intérêt public. Qu'elle nous dise la vérité!

Nous avons tous compris que toute vérité n'est pas bonne à dire pour les politiciens, fussent-ils d'anciens journalistes, avocats, syndicalistes, médecins ou leaders étudiants. Les seules règles qui comptent, une fois en politique, sont la ligne de parti et la solidarité ministérielle. À ce titre, toutes les excuses sont devenues bonnes pour nous cacher la vérité et justifier les pires mensonges ; la stabilité, la sécurité et la paix publique étant tout à coup devenues, pour ces anciens modèles de vertu, des priorités ayant préséance sur toutes les valeurs démocratiques qui les ont animés au moment d'entrer en politique active.

Louis Lapointe
Brossard

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