Mots clés : rapport Manley, Forces armées, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)
Le rapport Manley était attendu mais les conclusions étaient connues d'avance. L'engagement militaire en Afghanistan avait été amorcé par le gouvernement libéral. À l'époque, John Manley était ministre des Affaires étrangères.
Pour contenter les Américains et se faire pardonner sa décision de ne pas intervenir militairement en Irak, le Canada a accepté, de sang-froid, d'envoyer ses soldats dans la province de Kandahar, région reconnue par tous comme la plus dangereuse de l'Afghanistan. En effet, dès 2004, Kandahar était décrite par l'ensemble des observateurs neutres comme une région chaude puisque son chef, l'imam Omar, en fuite depuis l'invasion américaine, avait réorganisé et pris la tête des forces islamistes et faisait de la prise de la ville de Kandahar un objectif à atteindre à moyen terme. Les pertes canadiennes seraient lourdes, le gouvernement libéral et les conservateurs le savaient. Cela ne vous rappelle-t-il pas un certain débarquement à Dieppe lors duquel les Canadiens français formaient le gros de la troupe? Cette opération à haut risque s'est transformée en boucherie. Tester les défenses allemandes en Normandie était une mission-suicide. On avait désigné les troupes canadiennes pour aller au casse-pipe.
Lorsqu'il s'avère que, proportionnellement, vous payez le prix du sang le double et le triple des Américains et des Britanniques, la question d'un retrait ne se pose même pas. Le Canada doit se retirer de ce pays et revenir à une politique internationale moins agressive. Le Bloc québécois et le NPD ont raison d'exiger le retrait des troupes. Des élections seraient tout à fait justifiées pour que le gouvernement conservateur abandonne l'idée d'une prolongation de cette mission de guerre.