Libre échange Canada-Union européenne - Jean Charest presse Stephen Harper de promouvoir le projet

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La Presse canadienne
Édition du jeudi 24 janvier 2008

Mots clés : Stephen Harper, Jean Charest, Europe (région), Canada (Pays), Québec (province)

«Tous les politiques doivent être plus actifs avec leurs vis-à-vis», dit le premier ministre du Québec

Jean Charest aimerait voir le début des négociations officielles sur un éventuel libre-échange avec l'Europe d'ici la fin de l'année.

Photo: Agence France-Presse

Davos, Suisse -- Le temps est venu pour le premier ministre Stephen Harper de vendre activement l'idée d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, a soutenu hier Jean Charest.

«C'est important que le premier ministre Harper en parle aussi, surtout à ce moment-ci, parce que là on entre dans le dernier droit», a déclaré M. Charest en point de presse à son arrivée à Davos, dans les Alpes suisses, où il participe jusqu'à vendredi au Forum économique mondial.

«Tous les politiques doivent être plus actifs avec leurs vis-à-vis pour solliciter des appuis et des adhésions [au projet de libre-échange]», a ajouté Jean Charest, en faisant allusion à M. Harper et à ses homologues des provinces.

Pour le premier ministre du Québec, le temps presse. Il aimerait voir le début des négociations officielles sur un éventuel libre-échange avec l'Europe d'ici la fin de l'année.

«Tout le monde reconnaît qu'on change de vitesse», a-t-il estimé.

Jusqu'ici, M. Charest a été le principal promoteur de ce projet ambitieux. Le Canada et la Commission européenne ont convenu l'année dernière d'étudier la faisabilité d'un libre-échange. Un rapport à cet effet est attendu dans quelques mois.

Et même si l'appareil fédéral travaille activement sur le projet, notamment dans les ambassades du Canada en Europe, M. Harper est resté discret sur le sujet, du moins en public.

Protectionnisme?

Jean Charest ne craint pas, d'autre part, que le ralentissement économique mondial appréhendé en 2008 ne fasse remonter à la surface des réflexes protectionnistes chez les Européens. Il concède néanmoins que l'Union européenne s'est donné comme priorité la conclusion d'un accord multilatéral sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (dans le cadre de la ronde de Doha) et, accessoirement, la signature de traités de libre-échange avec les pays en développement.

Lors de son passage à Londres, plus tôt cette semaine, M. Charest a d'ailleurs reconnu qu'il n'avait pas encore obtenu, en Europe, «un appui [politique] aussi formel que ce que nous voulions».

Pour le Québec et le Canada, le défi est d'autant plus important que l'Union européenne reste une organisation vaste et décentralisée. Jean Charest calcule qu'il lui faudra à tout le moins convaincre la France, alliée traditionnelle du Québec, et dont le président Nicolas Sarkozy préside l'Union européenne pour les prochains mois, de même que les poids lourds que sont l'Allemagne et le Royaume-Uni.

«À moins de se lever, de dire "je veux le projet" et aller sur le terrain pour le vendre, ça ne se fera pas», a noté le premier ministre.

À ses yeux, l'Europe a tout à gagner de libéraliser ses échanges avec le Canada. «On a, dans le contexte actuel [craintes de récession aux États-Unis], des forces que les Américains n'ont pas, sur le plan énergétique par exemple, a expliqué le premier ministre. [...] On offre aux Européens l'occasion de mettre les pieds en Amérique sans passer par les États-Unis et d'avoir accès à un marché de plusieurs centaines de millions d'habitants.»

Pour le Québec et le Canada, il s'agit de «faire un effort de diversification» alors que l'économie américaine ralentit, a-t-il affirmé.

«L'erreur, c'est de se laisser distraire uniquement par les pays émergents alors que dans notre cour, pas si loin de chez nous que ça, il y a un voisin avec qui on peut intensifier nos relations.»

Alstom-Bombardier

M. Charest ne voit par ailleurs pas de contradiction entre son rêve d'un libre-échange avec l'Europe et la décision de Québec de ne pas tenir d'appel d'offres pour le contrat de renouvellement d'une partie des voitures du métro de Montréal.

Dans ce dossier, la Cour supérieure du Québec a récemment donné raison à Alstom, concurrent français de Bombardier Transport, et ordonné aux autorités d'organiser un appel d'offres. Le gouvernement n'a pas encore décidé s'il porterait le jugement en appel ou s'il demanderait aux deux constructeurs de s'entendre pour partager le contrat.

Une chose est sûre, Jean Charest n'a pour l'instant prévu aucune rencontre avec les dirigeants d'Alstom à Davos.


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