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Harper dans les vapeurs

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Virginie Beauchemin (mabeauchemin@justice.gouv.qc.ca)
Envoyé Le mercredi 23 janvier 2008 09:00



Étant conjointe de militaire, je vis tous les jours dans cette guerre afghane qui ne saura qu'afficher des résultats concrêts, sans jamais peut-être prendre fin, que dans maintes années. C'est à distance que je ressens tous les jours l'attaque d'un groupe taliban, l'explosion d'une rocket ou encore la mort d'un de nos patriotes. Et c'est tous les jours que j'espère le retour de mon homme, en vie et en santé de coeur, corps et âme.

Vous me répondrez alors que c'est son boulot, et que j'en étais consciente lorsque nous nous sommes engagés. Évidemment, mais, lui, s'est-il engagé dans les forces armées canadiennes, autrefois réputées pour l'aide humanitaire, afin d'aller "combattre" plusieurs mois à l'étranger et de risquer sa vie pour quelques dollars de plus? Soit dit en passant, les traitements réservés aux militaires déployés en Afghanistan semblent ne pas avoir changé depuis la Seconde Guerre mondiale ; s'enrôler, c'est consacrer sa vie pour devenir un numéro, disposé de toutes les façons à mourir pour un caprice d'un quelconque haut-placé...

Ignorant cela, le combattant de tête qu'est M. Harper ne cesse de vouloir prolonger la mission, insufflant ainsi à la population touchée par le départ de nos troupes un soupçon d'indifférence non seulement face aux dangers imminents de cette guerre, mais également face aux vies perdues des soldats et des familles qui pleurent aujourd'hui leur disparition. Il y réfléchirait par deux fois plutôt qu'une avant de désirer prolonger une mission qui ne fait qu'appuyer et obéir à nos voisins du sud, si on lui apprenait que son fils s'enrôlait afin de supporter ses idées de guerre camoufflées sous un voile de "reconstruction humanitaire".

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