Les héritiers de collectionneurs russes spoliés veulent des compensations
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Londres -- Les héritiers français des collectionneurs russes Sergueï Chtchoukine et Ivan Morosoff, qui avaient constitué de riches collections de toiles de maîtres avant d'être spoliés après la révolution russe de 1917, ont annoncé hier à Londres qu'ils voulaient recevoir une compensation.
M. Delocque-Fourcaud et Pierre Konowaloff, héritier d'Ivan Morosoff, s'exprimaient à Londres, où l'exposition De Russie s'ouvre samedi à la Royal Academy, présentant 120 toiles venues des musées russes dont beaucoup de chefs-d'oeuvre hérités des deux collectionneurs.
Tout en saluant cette exposition, ils soulignent que depuis la chute de l'URSS, ces oeuvres sont toujours dans une situation de flou juridique.
«Nous considérons que le transfert de propriété doit se faire de façon légale et doit donner lieu à des compensations», explique M. Delocque-Fourcaud, qui pour sa part n'envisage pas une restitution des oeuvres.
M. Konovaloff exige de son côté «soit des compensations, soit une restitution complète» des oeuvres.
Pour permettre la tenue de l'exposition De Russie, la Grande-Bretagne a promulgué une loi, en vigueur ailleurs en Europe, qui donne une immunité aux toiles prêtées pour des expositions, rendant impossible une saisie judiciaire.
En 2000, M. Delocque-Fourcaud avait demandé la saisie de La Danse II de Matisse, une toile acquise par son grand-père, à l'occasion d'une exposition à Rome, dans un geste qu'il qualifie de «surtout symbolique».
Mais le risque de saisie des toiles a inquiété les autorités russes, au point qu'elles ont menacé à la mi-décembre d'annuler l'exposition De Russie si Londres ne leur donnait pas davantage de garanties.
Sergueï Chtchoukine (1854-1936) et Ivan Morosoff (1871-1921), deux riches marchands russes, avaient constitué d'importantes collections de peinture française, reconnaissant très tôt le potentiel de jeunes artistes comme Picasso ou Matisse.
Ils ont dû quitter la Russie soviétique en 1918 pour s'exiler en France.

