La tension monte à la frontière entre Gaza et l'Égypte
Mots clés : bande de Gaza, Éhoud Olmert, Hosni Moubarak, Immigration, Égypte (pays), Palestine (pays)

Photo: Agence Reuters
Les Palestiniens scandaient des slogans favorables au Hamas et exigeaient la réouverture du point de passage, fermé le plus clair du temps depuis juin. Israël n'y est pas militairement présent, mais son feu vert est nécessaire pour le rouvrir.
Selon des sources égyptiennes, les tirs émanaient du côté palestinien de la frontière. Mais des témoins rapportent que la police a aussi tiré en l'air après avoir vainement tenté de repousser la foule à l'aide de canons à eau.
Débordée en dépit des 300 hommes appelés en renfort qu'elle avait reçus la veille pour contenir la pression croissante, la police antiémeute égyptienne n'a pu empêcher l'intrusion de centaines de Palestiniens. Elle a dû accepter l'aide des membres des forces de sécurité du Hamas pour remettre de l'ordre et ramener les intrus.
Le président égyptien Hosni Moubarak avait téléphoné lundi au premier ministre israélien Éhoud Olmert pour l'avertir de la détérioration de la situation à Gaza et le presser de lever le blocus du territoire aux mains du Hamas.
À l'ONU
Pendant ce temps, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni d'urgence pour discuter de la crise humanitaire provoquée par le blocus de Gaza, alors que le gouvernement israélien a desserré son étau en laissant entrer du carburant et des médicaments en territoire palestinien.
La réunion a été organisée à la demande des pays arabes, alors que la pression internationale monte face à ce que l'Union européenne a appelé une «punition collective».
Depuis le 17 janvier, Israël a imposé un blocus total de la bande de Gaza en riposte à la multiplication des tirs de roquettes palestiniennes contre le sud de son territoire. L'armée israélienne a parallèlement mené des opérations contre les groupes armés à Gaza qui ont fait depuis le 15 janvier 38 morts.
Les 15 ambassadeurs négociaient hier un projet de communiqué soumis par la Libye, qui préside le Conseil ce mois-ci, appelant Israël à mettre un terme au blocus et à assurer «l'accès sans obstacles de l'aide humanitaire à la population palestinienne», selon une copie du texte obtenue par l'AFP.
Le communiqué presserait également Israël «de respecter ses obligations aux termes de la loi internationale, dont les droits humanitaires, et de cesser immédiatement toutes ses mesures et actions illégales contre la population civile palestinienne dans la bande de Gaza».
Mais les diplomates occidentaux ont indiqué qu'ils appuieraient également l'insertion dans le texte d'une demande de l'arrêt des tirs de roquettes sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza.
L'observateur palestinien à l'ONU, Ryad Mansour, a déclaré pour sa part que «ce qui est important pour nous, c'est que le Conseil de sécurité réagisse de manière claire et concrète pour mettre un terme à la tragédie de notre peuple à Gaza».
Il a indiqué que depuis la conférence du 27 novembre dernier dans la ville américaine d'Annapolis visant à relancer les négociations sur le conflit, «plus de 160 Palestiniens ont été tués par l'occupant, dont au moins douze enfants et neuf femmes, la majorité des tués et des blessés venant de Gaza».

