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La moralité perdue

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Guy Roy (guyroy.gr@videotron.ca)
Envoyé Le mercredi 23 janvier 2008 05:00



Est-ce que le Canada et la communauté internationnale sont en train de perdre le combat pour la paix ? De toute évidence, oui ! Toutes les institution de ce vénérable pays sont en train de compromettre leurs objectifs de servir les canadien-ne-s et elles sont plus ou moins contaminées par l'impératif obligé de justifier l'agression de l'Afghanistan. Il n'y a même plus d'expression divergente comme on a vue les services de renseignements des États-Unis en produire pour dégonfler le ballon de l'agression contre l'Iran. Est-e que la guerre est vraiment un service à offrir aux habitant-e-s de ce pays qui ne serait pas mieux rendu par une paix diplomatiquement atteinte ?

Pas un discours, pas une nouvelle à la TV, pas une manchette dans les journaux qui ne soient mobilisées, non pas pour un effort de guerre anti-fasciste, mais pour l'indécente occupation du pays le plus pauvre qui soit. Le magasinage des soldats de Kandahar pour des souvenirs de guerre à l'étranger illustre bien comment notre "nation sans passé colonial" est en train de sacrifier tous nos idéaux à se donner un présent impérialiste aux côtés de cet empire blessé qui asseine les coups sans même être capable d'en évaluer les conséquences pour sa propre survie.

Il y a peu de choses auxquelles les canadien-ne-s et les québécois-e-s tiennent qui ne soit maintenant gangrenées (on recrute jusque dans les écoles) par ces politiques suicidaires de s'en prendre à un autre peuple en criminalisant aux yeux de tout-e-s sa résistance sans que cela n'apporte de résultats concrets à sa libération. L'aspiration légitime des nations du monde à l'indépendance ne passe plus, selon le militarisme canadien, que par cette guerre de pillage civilisée qui se camoufle maintenant en opération de "solidarité internationale".

L'ACDI change de visage sous la pression pour excuser l'impérialisme humanitaire et tenter de convaincre soldats et familles, citoyen-ne-s et communauté entières, de la pureté du geste et de la noblesse de nos intentions. Avons-nous dans le passé autant menti que sur la guerre en Afghanistan ? Une commission de la vérité trahie, tout ce qu'il y a d'élitisme respectable et de partisans de la guerre, tente d'ajouter à la propagande l'excuse d'une soi-disant mission de pacification pour renverser encore une fois l'opinion publique défavorable. Quels efforts déployés pour falsifier l'évidente et honteuse opération de force ! Et c'est sans doute sur ce point, je l'espère, que la confiance fragile dans le gouvernement conservateur s'effritera, lui qui mise sur la collusion des partis à Ottawa (le NPD tiendra-t-il le coup ?) pour réussir à colmater la brêche.

Tout ce qu'il y a de femmes et d'hommes justes, au sens biblique, dans ce pays devraient se soulever pour protester avant que le vent ne tourne et que ne s'étendent encore au monde les foyers de conflits. Dion le prétendant recommande des opérations au Pakistan. Une guerre aussi destructrice, par les moyens militaires et financiers qu'elle met en oeuvre, devrait non seulement susciter l'opprobe le plus résolu chez les cercles pacifistes, mais l'embrasement des coeurs pour la paix serait attendu de tout ce qu'il y a de bonnes volonté au Canada et au Québec, à l'ONU et sur cette petite planète aux fragiles ambitions de démeurer notre Gaïa.

Est-ce qu'une nation qui a produit le bras canadien et qui ne compte plus les satellites qu'elle a fait mettre en orbite peut vraiment envisager si froidement le passage à l'armement de destruction massive aux côtés et en complicité avec les États-Unis, ce pays dont la boussole démocratique vacille vers des volontés impériales avancées ? N'y aura-t-il aucune voix, sinon celle par trop anonyme de l'opinion, pour s'élever contre la falsification de ce que devrait représenter la paix comme atmosphère pour la prise en charge d'un développement harmonieux qu'appellent tant de peuples sur terre ?

Si la logique des armes doit prévaloir, qu'au moins on ait été averti qu'elle peut finalement se retourner contre nous. La confiance affichée dans l'inévitable victoire des nouveaux colonisateurs, au nom de l'aspiration des Afhan-ne-s à la démocratie, sera sans doute ébranlée par une mobilisation de ce que l'humanité possède de ressorts afin qu'une situation, qui peut aller vers le pire, change de cap quand il est encore temps. Se retirer de l'Afghanistan ne provoquera pas le chaos prédit par les Occidentaux qui ont toujours vu, dans les nations barbares à dompter, des occasions de mieux asseoir leurs conquêtes. Le chaos est empiré par l'intervention. Et le contraire de la confusion générale risque aussi de se produire si un appaisement et une embellie se pointe à l'horizon qui remettrait le monde sur les rails du développement et de la paix, les deux grands défis auxquels l'humanité du XXI ième siècle, celle que nous laisserons à nos enfants, est confrontée.

Le guerre en reporte l'échéance. Elle programme la mort sur nos écrans. Elle dicte les discours et les comportements psychotiques. Elle nous entraîne vers des lâchetés que dénonceront comme ignobles les générations futures. Comme nous avons nous-mêmes stigmatisé l'horreur nazi.

Il n'est pas innocent ces années-ci de choisir la guerre au lieu de la diplomatie. Cette attitude conditionne la manière dont seront résolus nos problèmes dans le futur. Il ne sera pas toujours possible d'en appeller à l'agression et la violence. Et ce choix met gravement en péril des solutions que la sagesse populaire commence à peine à exiger de ses dirigeants grâce à son opposition de principe aux cruelles méthodes de la guerre.

Souhaitons que sa voix porte et que tout ce qui peut protester se coalise pour éviter de nouvelles et catastrophiques défaites éthiques, de rendez-vous manqués avec une sereine confiance dans les processus de paix. En fait, nous avons déjà commencé à perdre pour ce qui est de la moralité de notre entreprise pour l'avoir engagée sur ces chemins de la vengeance et de la force haineuse. De ce point de vue, nous avons déjà brûlé les ponts derrière nous de l'élémentaire morale en mettant les pieds en Afghanisatn.

Guy Roy, délégué syndical FTQ et membre de Québec solidaire de Lévis
2659, rue Gravel
Lévis (Québec)
G6V 4X4
Tél. : (418) 834-4344

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