Le gouvernement britannique propose un plan d'aide pour Northern Rock

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AFP
Édition du mardi 22 janvier 2008

Mots clés : nationalisation, Northern Rock, Gouvernement, Banque, Grande-Bretagne (pays)

Londres -- Le ministère britannique des Finances a dévoilé hier un plan afin de faciliter une reprise de la banque en crise Northern Rock par un groupe privé, qui permettrait d'éviter une nationalisation potentiellement catastrophique pour les actionnaires et désastreuse pour l'image du gouvernement.

La solution, imaginée par la banque d'affaires Goldman Sachs à la demande du gouvernement, consiste à ce que Northern Rock émette des emprunts obligataires, qui seraient adossés sur certains de ses actifs, comme son vaste portefeuille de crédits hypothécaires.

Selon le ministère, l'argent frais ainsi récupéré permettrait de rembourser l'intégralité des sommes que la banque de Newcastle (nord-est) doit à la Banque d'Angleterre, et qui s'élèvent, selon les chiffres généralement cités mais jamais confirmés, à environ 26 milliards de livres, soit près de 35 milliards d'euros.

La banque spécialisée dans les prêts immobiliers, qui avait connu une ascension fulgurante depuis son entrée en Bourse en 1997, jusqu'à se hisser parmi les dix premiers établissements bancaires du Royaume-Uni, a plongé dans la tourmente en septembre, lorsqu'elle a frôlé la faillite dans le sillage de la crise des prêts hypothécaires risqués (subprimes) aux États-Unis.

La banque survit depuis, grâce à la double protection de la Banque d'Angleterre (BoE) et du Trésor britannique, qui lui ont apporté leur garantie et promis aux épargnants de les rembourser en cas de banqueroute.

Face à cette crise, la direction de la banque et le gouvernement sont engagés dans une course contre la montre pour trouver un repreneur capable de sauver l'entreprise et de rembourser l'argent qu'elle doit à la BoE.

Deux groupes privés se sont mis sur les rangs, le conglomérat Virgin du milliardaire Richard Branson et la société d'investissement Olivant, dirigée par un ancien patron de la banque Abbey, Luqman Arnold.

Mais ces dernières semaines, l'aggravation de la situation sur les marchés financiers avait fait craindre aux investisseurs qu'ils ne parviennent pas à financer leurs offres de reprise, ce qui n'aurait alors laissé au gouvernement guère d'autres choix que de nationaliser Northern Rock.

Le plan du Trésor a donc soulagé la plupart des intéressés. Northern Rock l'a salué, tandis que le patron de Virgin, Richard Branson, qui accompagne en ce moment le premier ministre Gordon Brown en voyage officiel en Asie, a assuré depuis New Delhi que cette solution lui paraissait «viable».

L'annonce a également réjoui les actionnaires de Northern Rock, éloignant le spectre d'une nationalisation qui pouvait se faire à leur détriment. En pleine chute générale de la Bourse de Londres, son cours s'est envolé de 46,12 % à 94,25 pence.

Le ministre des Finances Alistair Darling, qui a donné deux semaines à Virgin et à Olivant pour finaliser leurs offres, sur la base du plan qu'il a présenté hier, a cependant assuré devant les députés que si aucune proposition de reprise satisfaisante ne lui était remise, le gouvernement se verrait contraint de nationaliser la banque, de manière «provisoire».

Refuser une telle option serait «irresponsable», a-t-il plaidé.

Le Trésor a précisé que les actionnaires de Northern Rock pourraient subir au passage d'importantes pertes, car ils ne seraient indemnisés que partiellement lors du transfert de leurs titres à l'État.

Cette éventuelle nationalisation a été vilipendée par l'opposition conservatrice, qui y voit une opération financièrement très risquée pour l'État et donc pour les contribuables. Le Chancelier de l'échiquier du cabinet fantôme conservateur, George Osborne, a encore accusé hier M. Brown de mettre en jeu l'argent public pour «sauver sa réputation».


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