Gaza isolée - Israël allège un tantinet son blocus

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AFP , Reuters
Édition du mardi 22 janvier 2008

Mots clés : centrale électrique, Éhoud Barak, Gaza, Électricité, Israël (pays)

Un gardien d'une station d'essence ne pouvait que s'asseoir et attendre hier à Gaza.

Photo: Agence Reuters

Gaza -- Devant l'indignation internationale, le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, a décidé hier d'alléger le blocus de la bande de Gaza en autorisant la livraison de matériel médical et de fioul destiné à l'unique centrale électrique du territoire aux mains du Hamas.

Les deux turbines de la centrale, alimentées à l'aide de fioul financé par l'Union européenne, ont été stoppées dimanche faute de carburant, ce qui a plongé la bande de Gaza dans le noir, deux jours après la fermeture des points de passage ordonnée par les autorités israéliennes en représailles aux tirs de roquettes artisanales.

La bande de Gaza était hier au bord d'une crise humanitaire. L'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés (UNRWA) a annoncé qu'elle cesserait sa distribution d'aides alimentaires à la moitié de la population du territoire, qui compte 1,5 million d'habitants, «mercredi ou jeudi», faute de carburant.

Après une nuit dans l'obscurité, la ville tournait au ralenti hier. En raison de la pénurie d'essence, seules quelques voitures circulaient dans les rues alors que la plupart des boulangeries étaient fermées.

Les coupures d'électricité ont également perturbé le fonctionnement des hôpitaux qui s'efforçaient de maintenir en activité leurs services d'urgence, ainsi que le réseau de distribution d'eau potable.

L'organisation humanitaire OXFAM a mis en garde contre un «arrêt complet du réseau d'eau potable et des égouts qui n'est qu'une question d'heures», craignant l'apparition de maladies. Citant la compagnie des eaux de Gaza, OXFAN indique que «40 % de la population, doit 600 000 personnes, ne disposent actuellement pas d'eau courante».

Outre le blocus, Israël a multiplié les attaques dans la bande de Gaza depuis le 15 janvier, faisant 37 morts, pour tenter de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien.

Le porte-parole du ministère israélien de la Défense Shlomo Dror a ainsi affirmé «qu'il n'y avait pas de crise humanitaire à Gaza», évoquant une «propagande» du Hamas. Il a souligné qu'Israël continuait de fournir 70 % des besoins en électricité de Gaza.

Le premier ministre, Éhoud Olmert, a pour sa part affirmé: «En ce qui me concerne, tous les habitants de Gaza peuvent se déplacer à pied et manquer d'essence pour leur voiture, car ils sont gouvernés par un régime assassin qui ne permet pas aux habitants du sud du pays de vivre en paix.»

«Nous espérons que le Hamas a reçu le message. Lorsqu'il veut réduire le nombre de roquettes, il peut le faire», a commenté Arye Mekel, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, évoquant une récente baisse du nombre de tirs.

Outre le fioul et les médicaments, dont les livraisons reprendront aujourd'hui, avec le passage d'une cinquantaine de camions, du diesel destiné aux groupes électrogènes et du gaz domestique pourront entrer dans la bande de Gaza, mais le blocus restera en place pour le carburant automobile, a précisé Mekel.

Le blocus israélien en place depuis vendredi a entraîné l'interruption de toutes les livraisons -- y compris alimentaires et médicales -- à destination du territoire.

Les organisations humanitaires internationales se sont alarmées hier du manque de fioul et de médicaments.

Tout en reconnaissant à l'État juif le droit de se défendre, l'UE a par ailleurs condamné ce qu'elle considère comme «une punition collective».

L'Égypte, qui a elle aussi invité Israël à mettre fin au blocus, a renforcé sa présence policière au point de passage de Rafah dont les Palestiniens réclament la réouverture pour les malades nécessitant une hospitalisation, mais qu'elle ne peut rouvrir sans autorisation de l'État juif. Le président Hosni Moubarak a téléphoné à Éhoud Olmert et à Éhoud Barak pour les mettre en garde contre la détérioration de la situation humanitaire dans l'étroite bande côtière.

Selon Michèle Mercier, porte-parole de la Croix-Rouge, les hôpitaux de Gaza «ont encore des stocks, mais ils ne vont pas durer plus de deux ou trois jours».

Les hôpitaux ne procèdent plus qu'à des opérations d'urgence. La plupart des échoppes ont tiré leurs rideaux de fer. Les barques de pêche sont restées à quai.

Olmert, qui recevait hier le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen, a promis qu'Israël permettrait le passage des «besoins vitaux» du territoire, mais pas le «superflu».

Selon un membre de son entourage, Olmert a également assuré à Moubarak qu'Israël «ne causerait pas de crise humanitaire» à Gaza.


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