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La poutre dans l'oeil

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Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Envoyé Le lundi 21 janvier 2008 11:00




Pendant que M. Brousseau s'inquiète des rapports entre la Chine et Taiwan, le journal Le Monde fait état le même jour d'un danger beaucoup plus imminent : celui du Moyen-Orient. Voici un extrait de cet article intitulé «Le désarroi face au nucléaire iranien», par Natalie Nougayrède :

"LE DANGER D'UNE GUERRE EXISTE"

«C'est dans ce contexte embrouillé que deux événements militaires se sont produits. Le 6 septembre 2007, l'aviation israélienne a bombardé un site en Syrie où, selon les Américains, se construisait une centrale nucléaire de type nord-coréen. Le 6 janvier 2008, des navires américains appareillant dans le détroit d'Ormuz étaient "provoqués" par des vedettes des Gardiens de la révolution iraniens. Le rapport du renseignement américain, par son impact, a sans doute écarté le scénario d'une action militaire américaine contre l'Iran. Mais c'est désormais la possibilité d'une initiative israélienne qui est mentionnée. "Nous n'écartons aucune option", a dit le premier ministre, Ehoud Olmert, le 14 janvier. "Le danger d'une guerre existe", a déclaré mi-décembre Nicolas Sarkozy au Nouvel observateur, "les Israéliens considèrent que leur sécurité est vraiment menacée"».

Je veux bien comprendre, M. Brousseau, que vous désirez être un des premiers journalistes à avoir vu venir une guerre possible entre la Chine et Taiwan. Mais les signes que vous semblez déceler sont tellement minimes, comparés à ce qui se passe au Moyen-Orient présentement, que je serais porté à endosser la critique que vous fait M. Charbonneau, avec moins d'anti-américanisme et surtout beaucoup moins d'humour. Ses chiffres donnent quand même à réfléchir : 715 milliards «investis dans la guerre» par les USA pour une population de 300 millions contre 45 milliards pour une «petite» population d'un milliard trois cent millions.

Les 715 milliards américains sont déjà engagés au Moyen-Orient. Il en faudrait plus que le double encore pour envisager une deuxième front avec la Chine. Et l'économie américaine a déjà du plomb dans l'aile. La Chine a quelque peu grondé de temps en temps depuis 1949 face aux dirigeants de ce territoire qui lui a échappé il y a un siècle par une invasion japonaise. Mais aucune provocation ou invasion militaire n'est davantage prévue par la Chine qu'il y a dix ou vingt ans.

Les États-Unis n'ont pas, à ce que je sache, un territoire à récupérer au Moyen-Orient. C'est pourtant bien eux qui, avec Israël, menacent de défendre «leur sécurité» menacée en ces coins reculés. Pour le moins étrange cette distraction que vous faites, M. Brousseau. Vous renouvelez le texte évangélique : la poutre moyen-orientale dans votre oeil vous pousse à voir la paille qui titille celui de la Chine, et à la grossir jusqu'à plus que poutre, jusqu'à la guerre mondiale entre la Chine et les USA, rien de moins.


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