Intenses négociations - Quebecor World réussira-t-il à sortir de l'impasse ?

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Le Devoir
Édition du lundi 21 janvier 2008

Mots clés : imprimerie commerciale, Quebecor World, négociations, Économie, Canada (Pays)

Pierre Karl Péladeau, prési-dent et chef de direction de Quebecor

Photo: Agence Reuters

Au moment de mettre sous presse hier soir, on ne savait toujours pas ce qu'il adviendrait du géant de l'imprimerie commerciale Quebecor World, dont l'action a tellement chuté que son inscription à la Bourse de Toronto pourrait être compromise. L'entreprise montréalaise avait jusqu'à hier soir pour respecter «certaines exigences» liées à l'entente de financement de 400 millions de dollars conclue avec sa société mère Quebecor (TSX:QBR.B) et Tricap Partners annoncée plus tôt cette semaine.

L'échéance était originalement prévue pour 21h mercredi soir. Quebecor et Tricap ont toutefois demandé une prolongation de la date limite en faisant valoir qu'ils avaient réalisé des progrès dans ce que des observateurs croient être d'intenses négociations avec le syndicat bancaire de l'imprimeur.

Les intenses négociations visent probablement à convaincre le syndicat bancaire de céder à d'autres entités -- principalement Quebecor et Tricap -- la priorité au chapitre de la garantie de remboursement des dettes si jamais la compagnie choisit de se placer à l'abri de ses créanciers.

Un échec de ces négociations engendrerait un effet domino qui verrait la maturité des titres de dettes de Quebecor World s'accélérer, et ceux-ci deviendraient remboursables immédiatement, a indiqué un analyste financier de l'agence de notation DBRS.

Bien que l'échéance puisse être reportée de nouveau, un tel geste serait probablement mal perçu et donnerait l'impression que Quebecor éprouve des difficultés à convaincre les banques de ne pas exiger immédiatement le remboursement de prêts à la compagnie.

Si ce remboursement était exigé, l'imprimeur devrait demander d'être protégé contre ses créanciers, ce que certains analystes croient être l'ultime solution en raison de ses ennuis financiers croissants. Or, si l'entreprise demandait la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies -- une loi fédérale qui lui permettrait de poursuivre ses activités tout en tentant de régler ses problèmes financiers -- les actions de la compagnie n'auraient pratiquement plus de valeur.

Un plongeon

Déjà, l'action de Quebecor World a touché la semaine dernière le creux historique de 18 cents, les investisseurs, nerveux, se débarrassant de leurs titres par millions, jugeant qu'ils ne valaient plus rien. L'action de Quebecor World a amorcé son plus récent plongeon après que l'imprimeur eut annoncé mardi soir avoir raté une échéance avant laquelle il devait dénicher un nouveau financement de 125 millions $ US.

L'acquisition en 1999 du géant américain World Color Press -- la transaction qui a créé Quebecor World -- a apporté de nouveaux défis à l'entreprise. Les changements dans la demande du marché, causés notamment par les médias Internet, ainsi que certains facteurs inefficaces dans plusieurs usines ont généré des pertes croissantes chez Quebecor World et l'ont fait glisser près de la faillite. Quebecor World tente depuis trois ans de régler ses problèmes financiers, ce qui lui aurait coûté jusqu'à présent environ un milliard de dollars. Elle a augmenté son nombre de presses, transféré de l'équipement et fermé des usines dans le but d'augmenter l'efficacité de ses activités.

D'après La Presse canadienne


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