Bernheim déplore la chute du nombre de sorties de prison

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La Presse canadienne
Édition du lundi 21 janvier 2008

Mots clés : droits des détenus, prisons, Jean-Claude Bernheim, Justice, Québec (province)

L'Office des droits des détenus déplore que l'on ait diminué de façon draconienne le nombre d'absences temporaires accordées aux détenus des prisons québécoises, ces dernières années. Son président Jean-Claude Bernheim estime que c'est toute la société qui en paie le prix, à la fois social et financier.

D'après des statistiques du ministère de la Sécurité publique rapportées mercredi par La Presse, le nombre de sorties temporaires autorisées a chuté de 69 % depuis 2000. Il est passé de plus de 1000 en 2000 à 269 en 2006-2007.

Jean-Claude Bernheim affirme que cette situation ne fait qu'aggraver le problème de la surpopulation carcérale.

Selon le criminologue, non seulement les droits des détenus sont brimés, mais les taux de récidive ont tendance à augmenter dans les cas de peine de moins de six mois.

M. Bernheim est d'avis qu'il serait plus efficace de mettre en place un système d'amendes établies selon la capacité de payer des individus reconnus coupables.

Le président de l'Office des droits des détenus fait valoir que, de cette façon, le gouvernement évite de devoir gérer une masse importante de détenus, et récolte l'argent des amendes. Et, surtout, les récidives sont moins nombreuses, d'après M. Bernheim.

Le début du déclin dans le nombre de congés accordés coïncide avec la remise en liberté temporaire de Mario Bastien. Pendant l'été 2000, ce pédophile qui bénéficiait d'une sortie en a profité pour agresser et tuer le jeune Alexandre Livernoche à Sorel-Tracy.

La Commission québécoise des libérations conditionnelles avait auparavant refusé une demande de Bastien, réclamant des informations complémentaires à son sujet. Mais la direction de la prison où il était incarcéré avait utilisé son pouvoir discrétionnaire pour lui accorder un congé.

Ce pouvoir a depuis été retiré aux directeurs de prisons; seule la Commission québécoise des libérations conditionnelles peut maintenant autoriser une sortie. Et cette instance étant plus difficile d'accès, beaucoup moins de détenus bénéficient aujourd'hui de ce privilège.


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