Vos réactions
«Çalà pu pantoute d'allure»!
Il se trouve encore des «cerveaux lents», spécialistes de la diversion, qui en font un plat. Ils prétendent servir la cause de l'identité nationale et aspirent ramener sur la place publique des stériles ébats et débats ainsi que toutes les causes fiévreusement et vicieusement alambiquées que se pétrissent les boulangers des petits pains pour lesquels seraient nés les Québécois. Ces Québécois dont on remue constamment les méninges, dont on attise continuellement les bouillonnements émotifs et dont on ravive malicieusement et vicieusement les mèches d'un sécessionnistes éculées, cette cause première de nos virages en rond et de nos reculs historiques si appauvrissant.
Par ailleurs, un nombre remarquable de Québécois et de Québécoises tirent une très grande fierté de parler et d'écrire très correctement le français et l'anglais tout aussi bien. Un nombre grandissant de fiers Québécois y ajoutent l'espagnol et l'allemand. Bravissimo! Ce sont des Québécois de générations en émergence de tous âges qui ne font surtout pas les manchettes politiques, journalistiques, médiatiques, ni celles des autres corridors des pouvoirs parallèles fossoyeurs qui ne carburent qu'aux plus gazeux des contentieux les plus guerroyeurs et abêtissants.
Les «çala pas marché», les «c'est sûr et ben certain», les «pas rapport», les «... et quoi que ce soit», les «.. et tout ça là», les «ce dont je vous ai vendu», les «ce dont je vous ai dis», les «ça va-t-être», les «celle que je t'ai parlée», les «j'enseigne à quatre zélèves» et la kyrielle d'exemples à n'en plus finir du désoeuvrement langagier et de la fainéantise de l'écriture au son, ont gravi tous les échelons et franchi tous les seuils de la société, où grouillent et grenouillent, fricotent et parlotent, des Messieurs et Mesdames tout le Monde jusqu'aux Messieurs et Mesdames qui se prennent pour les nombrils du Monde. L'épizootie du paupérisme langagier francophone galope chez toutes les classes de la société, notamment chez les INDIVIDUS DE MÊMES PROFILS, qu'ils soient éboueurs, chauffeurs ou livreurs, qu'ils soient vendeurs, acteurs ou professeurs, qu'ils soient plaideurs, chroniqueurs ou lecteurs de nouvelles, qu'ils soient recteurs, docteurs ou bonimenteurs municipaux, provinciaux et fédéraux.
La langue française, la discipline de la lecture, l'investissement «temps et argent» dans les dictionnaires et les grammaires, les drapeaux du Québec et du Canada ainsi que l'hymne national ne constituent que quelques exemples de repaires québécois de la fierté nationale dont le délabrement et la décrépitude sont atterrants. Et, la loi 101, même barbelée davantage, ainsi que celles qui l'ont précédée, n'ont rien pu y faire et ne pourront rien y faire. En 2008, le QUÉBÉCOIS est retourné à l'âge des bécosses. En 2008, comme depuis nombre d'années, les anglophones, les allophones et autres plurilingues n'y sont pour absolument rien. Certes, il est pitoyable et déplorable que nos concitoyens anglophones ne se soient jamais donné la peine d'apprendre le français, ce véhicule de tant de richesses culturelles, entre autres. Par contre, la langue du commerce et des «affaires payantes» ainsi que l'actuel tsunami de la mondialisation viennent à leur rescousse et bonifient quelque peu leur conscience. Droit devant nous, s'affiche une réalité à laquelle personne ne peut échapper. Qui osera nier que les ingrédients de base et de soutien de la langue québécoise, n'y sont plus. Ils ont été emportés par les vents de l'indifférence, de l'insouciance et de la nonchalance ainsi que par les marées du nivellement par le bas et de l'avachissement généralisé de l'enseignement structuré de ce joyau du patrimoine de notre parlure et de notre écriture. Puisqu'on ne peut refaire le passé sans le défaire, passons plutôt du côté du «faire», celui de notre futur qu'il nous faut conjuguer au présent.
Loin d'investire «politiquement», c'est à dire niaisement et futilement, dans des programmes bidons préconisés par des distillateurs de l'interplanétaire québécois et voués aux drains des gaspillages tous azimuts les plus éhontés, il faudra que l'on ramène le QUÉBÉCOIS, au carrefour de toutes les rectitudes et au centre d'une FIERTÉ DISTINCTIVE qui dépasse les mots et qui se traduise, au quotidien, par des gestes individuels et des engagements collectifs emballant, des gestes et engagements qui enrichissent les Québécois. Nous en somme rendus au commander une FIERTÉ IDENTITAIRE qui puisse habiller notre carrure, chapoter notre stature et encadrer notre allure particulièrement distinctives.
Bref, il faut absolument que notre FIERTÉ IDENTITAIRE ET SA LANGUE D'EXPRESSION sortent des griffes des chipoteurs partisans des clans de la politicaillerie stérile qui y cherchent des tribunes, du haut desquelles ils, elles puissent bavasser, jacasser et claironner le «n'importe quoi» de leurs élucubrations. Le PEUPLE, CLÉ EN MAIN, DOIT S'ACTIONNER et je verrais très bien, dans toutes les municipalités et carrefours de vie du Québec, le POUVOIR GRIS S'Y METTRE. Que la déconcentration fasse enfin place à la décentralisation des décisions et des budgets récurrents. Que toutes celles et tous ceux qui ont à la fois tant donné et tant reçu de la société québécoise, se mettent de la partie. Même si ça devait déranger certains syndicats et certains bonzes confortablement établis sur les trônes de leur suffisantes incompétences, l'expertise des retraitées et retraités, tous domaines confondus, est inestimable et le vieillissement de la population justifie d'emblée l'organisation et la mise en oeuvre de leurs généreuses contributions, dans des programmes de parrainage massif et de tutorat sélectif. Les chasses gardées et le cumul des échecs des «conventions», justifient UNE RÉVOLUTION, possiblement moins tranquille que celle des années 60. À toute fin pratique, IL FAUT QUE ÇA CHANGE, répéterait Jean Lesage!
Gerry Pagé
Ville de Québec
