Merci monsieur Taillefer pour votre article "Un bon gars, le Canada?". Je suis coopérante volontaire canadienne en poste en Afrique de l'Ouest. Quoique l'on soit fiers d'afficher notre nationalité sur ce continent-ci, il nous arrive parfois de l'être moins. Surtout lorsque l'on voit chez les populations africaines la désolation, la famine, la détresse, la tristesse empreinte sur leurs visages ainsi que le désespoir inscrit lisiblement au fond des yeux. Car nous savons que ces pays possèdent de grandes richesses naturelles. Nous savons aussi que des compagnies canadiennes sont au nombre de celles qui exploitent de façon peu scrupuleuses les ressources naturelles de ces pays. Nous savons également que les retombées économiques qui descendent en bas, auprès des travailleurs et auprès des populations, sont minimes, voire insignifiantes à côté des profits qu'engrangent ces multi-nationales avec des complicités Nord-Sud et Sud-Nord. Car ce n'est pas non plus Noir Canada/Blanche Afrique. Les responsabilités sont dans les deux sens. Et, je trouve scandaleux que des multinationales, peu importe quelles soient canadiennes, européennes ou états-uniennes se prévalent de droits d'exploitation, s'installent aisément dans ces pays et en tirent les richesses au détriment des populations qui, jour après jour, avec désespoir et détresse tentent humblement et pauvrement d'améliorer leur sort, ne serait-ce que pour avoir accès à l'eau potable, à la sécurité alimentaire, à un peu d'électricité et accès à l'éducation. En attendant de lire "Noir Canada" de Alain Deneault, animateur du Collectif Ressources Afrique, paru chez ÉcoSociété, je veux tout simplement le remercier d'éveiller la conscience des canadiens sur des sujets d'une telle ampleur qui ont un impact direct sur les grandes conditions de pauvreté dans lesquelles vivent ces populations. Merci!