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L'électrique, une menace pour l'industrie automobile?

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Jean-Pierre Le Grand (jplegrand9@gmail.com)
Envoyé Le samedi 19 janvier 2008 18:00



Je ne suis pas un spécialiste de l'auto, loin de là, mais il m'est venu une idée en parcourant cet article. J'ai pensé à ma petite tondeuse électrique. En 15 ans de fidèles services, je n'ai jamais regardé sous le capot. Ni changé une bougie. Ni mis une goutte d'huile ou d'essence, évidemment. Pourtant, elle tourne comme au premier jour. En fait, avec un coup de bombe aérosol et une lame aiguisée, elle serait comme neuve ! Quel est le rapport, direz-vous ? Eh bien, j'aimerais savoir quelle proportion des revenus de l'industrie automobile sont directement imputables à l'entretien et aux réparations imposées par le moteur à explosion et à ses composantes? Imaginez : plus de bougies, plus de changements d'huile, plus de mises au point... Mes connaissances limitées en mécanique ne me permettent pas de bien visualiser toutes les répercussions sur l'entretien, mais il me semble qu'il ne resterait que peu de choses. C'est en tout cas ce que soutien le fabricant d'un petit véhicule utilitaire, dénommé Alkè (http://www.alke.com/alke-electric-vehicles.htm), qui affirme que l'investissement requis à l'achat se rembourse sans peine à même les économies sur un entretien pour ainsi dire inexistant, auquelles on peut ajouter celles sur le coût du carburant. Supposons un véhicule tout électrique pas trop moche qui arrive sur le marché à un coût raisonnable, disons 18 000 $, qui ne coûte rien à entretenir et qui s'use beaucoup moins vite qu'un véhicule conventionnel (les dinosaures de demain, si toutefois ils ne nous entraînent pas avec eux) : vous imaginez la ruée des consommateurs ?

Une voiture qui dure aussi longtemps qu'une tondeuse électrique, avec aussi peu d'entretien, relativement parlant, ne peut être, pour l'industrie, qu'une vision d'horreur, un cauchemar, l'équivalent d'un des chevaliers de l'Apocalypse. Le fait qu'elle nous y conduise allègrement, vers l'apocalypse, montre clairement que ces sociétés ne sont pas dirigées par des être humains qui respirent, qui ressentent et qui réfléchissent, mais par des chiffriers. Des colonnes de chiffres, voilà à quoi tient notre destin. C'est la seule chose qui puisse expliquer qu'ils enfoncent le pied sur l'accélérateur alors que nous nous dirigeons droit vers le gouffre.

Nous sommes de plus en plus nombreux à rêver de nous affranchir de la mainmise des pétrolières qui nous obligent à payer pour polluer, mais je pense que nous rêvons en couleur si nous attendons que l'industrie vienne nous délivrer. Elle n'y a aucun avantage. Sinon, comment expliquer qu'une petite société indépendante arrive à produire une bolide électrique comme la Tesla ? Il est clair que si en 2008 les grands de l'automobile n'ont pas encore développé un seul véhicule écologique, économique et ergonomique, c'est qu'un seul véhicule de ce genre serait la faille dans la digue construite par l'industrie pour empêcher un marché mondial captif de lui échapper.

Nous continuerons donc de payer pour polluer, ce qui est doublement douloureux pour nombre d'entre nous, pendant que nos gouvernements, engourdis par les taxes somptueuses qu'ils prélèvent sur chaque litre qui se brûle, prennent le virage vert à la vitesse du Titanic devant la banquise.

Le seul espoir demeurant le libre marché, il faut donc regarder du côté des petites sociétés qui ont tout à gagner et rien à perdre, sans oublier qu'elles n'auront sans doute pas la partie facile car les grandes, elles, qui ont tout à perdre, pourraient bien leur mettre des bâtons dans les... moteurs roues.

Tout compte fait, je pense qu'il faudrait faire sauter le point d'interrogation du titre qui chapeaute ce commentaire.

Jean-Pierre Le Grand
Waterville

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