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L'électrique, une menace pour l'industrie automobile?
Une voiture qui dure aussi longtemps qu'une tondeuse électrique, avec aussi peu d'entretien, relativement parlant, ne peut être, pour l'industrie, qu'une vision d'horreur, un cauchemar, l'équivalent d'un des chevaliers de l'Apocalypse. Le fait qu'elle nous y conduise allègrement, vers l'apocalypse, montre clairement que ces sociétés ne sont pas dirigées par des être humains qui respirent, qui ressentent et qui réfléchissent, mais par des chiffriers. Des colonnes de chiffres, voilà à quoi tient notre destin. C'est la seule chose qui puisse expliquer qu'ils enfoncent le pied sur l'accélérateur alors que nous nous dirigeons droit vers le gouffre.
Nous sommes de plus en plus nombreux à rêver de nous affranchir de la mainmise des pétrolières qui nous obligent à payer pour polluer, mais je pense que nous rêvons en couleur si nous attendons que l'industrie vienne nous délivrer. Elle n'y a aucun avantage. Sinon, comment expliquer qu'une petite société indépendante arrive à produire une bolide électrique comme la Tesla ? Il est clair que si en 2008 les grands de l'automobile n'ont pas encore développé un seul véhicule écologique, économique et ergonomique, c'est qu'un seul véhicule de ce genre serait la faille dans la digue construite par l'industrie pour empêcher un marché mondial captif de lui échapper.
Nous continuerons donc de payer pour polluer, ce qui est doublement douloureux pour nombre d'entre nous, pendant que nos gouvernements, engourdis par les taxes somptueuses qu'ils prélèvent sur chaque litre qui se brûle, prennent le virage vert à la vitesse du Titanic devant la banquise.
Le seul espoir demeurant le libre marché, il faut donc regarder du côté des petites sociétés qui ont tout à gagner et rien à perdre, sans oublier qu'elles n'auront sans doute pas la partie facile car les grandes, elles, qui ont tout à perdre, pourraient bien leur mettre des bâtons dans les... moteurs roues.
Tout compte fait, je pense qu'il faudrait faire sauter le point d'interrogation du titre qui chapeaute ce commentaire.
Jean-Pierre Le Grand
Waterville
