Opinion

Lettres: Qui a vu l'étude en question ?

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Patrick Bourgeois, Le 17 janvier 2008

Édition du vendredi 18 janvier 2008

Mots clés : l'Office québécois de la langue française, Christine St-Pierre, Langue, Québec (province)

Ces derniers jours, une journaliste du Journal de Montréal a démontré, par un reportage effectué selon une méthodologie tout à fait correcte, qu'il est très facile de se faire engager dans des boutiques de Montréal même si on parle exclusivement l'anglais. Ceci prouve par le fait même qu'il est de plus en plus difficile pour les Québécois de se faire servir en français dans la métropole du Québec.

Constatant les faits, le pouvoir libéral a tenté de tempérer la situation. Selon les libéraux, le français se porterait malgré tout assez bien à Montréal. Pour le prouver, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a souligné qu'une étude produite par l'Office québécois de la langue française à l'automne 2006 établissait très clairement que 90 % des commerces de Montréal fonctionnent en français. Cette donnée s'est retrouvée telle quelle dans à peu près tous les médias du Québec. Elle a permis à Mme St-Pierre de justifier de façon convaincante la décision de son gouvernement de ne pas durcir la loi 101.

Or il semblerait qu'à ce moment-là, les journalistes n'ont pas tenté de vérifier l'information véhiculée par la ministre. S'ils l'avaient fait, ils se seraient aperçus qu'il n'est pas possible de consulter l'étude en question. L'OQLF refuse obstinément de la rendre publique. [...] Dans de telles circonstances, on ne peut pas davantage vérifier si l'enquête menée par les agents de l'OQLF a été effectuée selon les règles de l'art. On ne peut même pas connaître les résultats précis de cette opération. C'est tout dire!

Malgré tout ce manque de transparence, cette obscure étude qu'on dissimule est quand même utilisée par un gouvernement. C'est surréaliste et très inquiétant pour la démocratie québécoise.


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