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Volonté de commercialisation des moteurs-roues?

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Pierre Langlois
Envoyé Le jeudi 17 janvier 2008 01:00



Pour répondre au lecteur qui a répété ce que M. Dumas (Président de TM4) ne cesse de dire, à savoir que les fabricants d'automobiles ne voulaient pas du moteur-roue, il serait bon que les lecteurs du Devoir sachent ce qui suit.

Tout d'abord, en novembre 1995, trois mois après la démission de Pierre Couture, un article très dénigrant sur le moteur-roue était publié dans la revue «Québec Science». Déjà le titre «Hydro-Québec n'a pas encore réinventé la roue» laisse entrevoir la teinte négative qu'on retrouve tout au long de l'article. Son auteur, Pedro Rodrigue, a dévoilé à l'émission radiophonique «Les affaire et la vie» du 11 novembre 1995, à Radio-Canada (j'ai écouté l'émission aux archives de Radio-Canada), que Jacques Germain, nouveau directeur de TM4 à l'époque, lui a fourni l'information nécessaire à la rédaction de son article et a même relu et approuvé le contenu technique de l'article. Pedro Rodrigue n'a jamais parlé à l'inventeur Pierre Couture, qu'il traite de patenteux dans l'émission «Les affaires et la vie».

Pour mieux faire voir quel genre d'article Pedro Rodrigues a écrit dans ce numéro de novembre 1995 de Québec Science, voici quelques extraits:

«Malgré toutes ses promesses de propreté environnementale et d'économie d'énergie, l'automobile électrique ne sera probablement jamais, hélas, autre chose qu'une curiosité»

«Il reste encore plusieurs obstacles à surmonter avant de passer à l'étape de la chaîne de montage [du moteur-roue]! Lesquels? C'est un secret -extrêmement!- bien gardé. À première vue, le moteur-roue devra en affronter au moins deux. Et de taille: un problème de poids et un problème de refroidissement.»

«L'expérimentation semble d'ailleurs être le volet orphelin de ce programme de recherche. Beaucoup de calculs, de simulations par ordinateur, mais très peu d'essais routiers»

«le moteur-roue d'Hydro-Québec fonctionne peut-être de façon prometteuse, mais seulement en réalité...virtuelle!»

Lorsqu'on lit des phrases pareilles et qu'on se dit qu'elles ont été lues par la direction de TM4, qui, aux dires de Pedro Rodrigue, était d'accord avec le contenu de l'article, on est en droit de se poser de sérieuses questions quant aux réelles intentions de TM4 face à la commercialisation du moteur-roue, dès le départ de Pierre Couture, en 1995!!

Dans l'émission «Les affaires et la vie» du 18 novembre 2005, Pierre Couture vient rectifier plusieurs mensonges et erreurs techniques contenues dans l'article de Pedro Rodrigue, tout en déplorant l'attitude «inavouable» de TM4. Par exemple, dans l'extrait qui suit, Rodrigue fait allusion aux ailettes à la surface extérieure du moteur-roue (qui agissent comme ventilateur pour refroidir le moteur):

«dans les bouchons de circulation, qui font sauter ceux des radiateurs, comment réagiront les ailettes «déventées» du moteur-roue?»

Or cette préoccupation de Pedro Rodrigue est totalement non fondée, puisqu'à l'arrêt aucun courant ne circule dans les moteurs, qui ne peuvent donc pas chauffer! Et à basse vitesse très peut de puissance est dissipée dans les moteurs.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les moteurs-roues de 1995 n'étaient que des prototypes de recherche, non encore optimisés, pas des moteurs commerciaux.

L'événement «Québec Science» de 1995 n'est pas le seul qui démontre l'attitude équivoque de TM4 par rapport à sa volonté de commercialiser le moteur-roue. Le 21 septembre 2006, à l'émission radiophonique «Maisonneuve en direct» de Radio-Canada (http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve/21092006/77899.shtml) M. Dumas, président actuel de TM4 déclarait en onde qu'il ne croyait pas au moteur-roue comme ceux de Pierre Couture pour les vingt prochaines années! En disant cela, M. Dumas a précisé que la particularité des moteurs-roues Couture à laquelle il ne croyait pas était le fait de mettre les convertisseurs tension-courant dans la roue. Mais, comme par hasard, les moteurs-roues de PML Flightlink (http://www.pmlflightlink.com) qui se retrouvent sur la Volvo ReCharge ont leurs convertisseurs intégrés dans la roue, de même que les moteurs-roues de l'autobus Whisper de la compagnie hollandaise e-Traction (www.etraction.com) qui ont également leurs convertisseurs dans la roue, comme le préconise Pierre Couture.

Par ailleurs, monsieur Dumas déclarait à cette émission radiophonique, où j'expliquais les avantages du moteur-roue, que les fabricants d'automobile n'en voulaient pas du moteur-roue.

Mais pour vendre quelque chose, normalement ça prend des gens qui y croient et un bon marketing. Nous venons de voir que TM4 agit comme s'ils ne croyaient pas au moteur-roue, et ce depuis 1995. Pour ce qui est du marketing, il faut savoir que TM4 n'a jamais publié les performances d'une voiture équipée de moteurs-roues, à savoir

- son accélération: 0 à 100 km/h en combien de secondes

- sa vitesse maximale = ?

- sa consommation électrique = ?

C'est pourtant ce que se sont empressés de faire les gens de PML Flightlink, lorsqu'ils ont convertit une BMW Mini en voiture à moteurs-roues. Résultat, leurs moteurs-roues sont sur la ReCharge de Volvo, et bientôt sur la Lightning (http://www.lightningcarcompany.com), une voiture sport anglaise. Lotus et ZAP (http://www.zapworld.com) prévoient également commercialiser une voiture électrique à moteurs-roues, la ZAP-X, avec les moteurs-roues de PML.

En terminant j'aimerais dire aux gens pourquoi les moteurs-roues sont si importants, par rapport à un moteur électrique central. Principalement, parce qu'ils consomment de 30% à 40% moins d'électricité qu'un moteur central pour un même kilométrage, avec des performances très sportives en prime. Or, comme l'ont confirmé l'automne dernier Sada Al-Husseini, l'ex numéro deux de la plus grosse pétrolière, Saudi Aramco, et Christophe de Margerie, le président de la pétrolière française Total, nous avons atteint le maximum des capacités de production de pétrole à l'échelle mondiale. C'est également ce qu'a confirmé M. Wagoner, le président de GM, cette semaine à Détroit, en disant qu'il nous fallait remplacer le pétrole, que nous n'avions plus le choix. Certains experts évaluent qu'en 2030 nous pourrions avoir perdu de 30% à 50% de notre capacité de production actuelle. En tenant compte que la demande va croître d'environ 50% d'ici là, c'est comme si on se retrouvait aujourd'hui avec 2 à 3 fois moins de pétrole! Ça va venir très vite et nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous.

C'est pour ça également qu'il nous faut des moteurs-roues, car on va devoir diminuer la consommation d'énergie des véhicules au maximum, pour utiliser le moins d'électricité possible, le moins de biocarburants possible, et la plus petite batterie possible. N'oublions pas que l'électricité n'est pas partout aussi abondante qu'au Québec. Par ailleurs, les biocarburants demandent des surfaces de culture qu'il faut réduire au minimum. Pour ce qui est des batteries, on va bientôt dépasser le milliard de véhicules routiers à l'échelle mondiale et il faut économiser le plus possible l'utilisation des matériaux électrochimiques de la planète, tout en recyclant bien sûr.

Tous les constructeurs d'automobiles vont réaliser l'importance des moteurs-roues pour atteindre tous ces objectifs simultanément, et sûrement plusieurs d'entre eux l'ont déjà réalisé.

Oui Pierre Couture avait bien raison, c'est un visionnaire et un scientifique de haut niveau, de la trempe de Tesla. La technologie du moteur-roue, en plus de régler le problème de la pollution dans le transport, aurait pu générer des retombées économiques de plusieurs milliards de dollars par année pour le Québec. Ce que demandait Pierre Couture pour terminer son groupe de traction c'était environ 25 millions de dollars répartis sur deux années, environ 10% du budget de recherche d'Hydro-Québec à l'époque. On lui a refusé, en prétextant une saine gestion des finances publiques. TM4 a dû dépenser plus de 100 millions à ce jour, avec au bout de la ligne un moteur électrique central tout a fait ordinaire, alors qu'on avait une technologie révolutionnaire entre les mains?

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur la technologie du moteur-roue, vous pouvez télécharger gratuitement un épisode de mon livre «Sur la route de l'électricité 2» à www.planglois-pca.com

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