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Par où faut-il commencer ?
Sa recette : réduire le nombre d'élèves par classe, imposer la lecture et surtout alléger la tâche.
C'est tout ? Grâce à cette potion magique, le problème serait réglé ? De quel problème cause-t-on ici ? De celui du prof ou de celui ou ceux des élèves face à l'apprentissage ?
J'achève présentement la lecture du dernier Pennac intitulé CHAGRIN D'ÉCOLE. Je crois que ce livre est une véritable mine d'or. Pas un livre de recettes mais une suite de réflexions sur les élèves et les enseignants. Si je ne me retenais pas, je dirais qu'il faut imposer la lecture de ce livre à tous les enseignants et à tous ceux qui travaillent auprès des élèves de nos écoles.
Il y a une quinzaine d'années, j'enseignais à des élèves dits en difficulté d'adaptation et d'apprentissage à la CSDM. C'était avant qu'elle change de nom. À cette époque, les statistiques nous disaient que le taux de réussite de ces élèves se situait entre 10 et très occasionnellement 20% au maximum. C'était bien avant la Réforme et les compétences transversales. Dans les écoles où j'ai enseigné, il y avait, à chaque niveau, plus ou moins un ou deux groupes d'élèves dits enrichis, quatre groupes dits réguliers et quatre ou cinq groupes dits allégés en plus des groupes assez nombreux d'élèves dits en difficultés (EHDAA).
Bien sûr, plusieurs profs affirmaient que ce classement ne correspondait pas à la réalité et que les enrichis n'étaient pas si doués que ça finalement, alors imaginez les allégés ! Pour plusieurs, avoir de tels groupes était comme une condamnation.
Pour ce qui est du français, c'était déjà plutôt tristement faible. On parlait encore de solutions du type réduire le nombre d'élèves à 15 ou 16 au lieu de 30 ou 32 en plus de resserrer la discipline et d'envoyer les cas problèmes à la direction ou au psychologue.
Aujourd'hui, la convention collective prévoit l'ajout d'enseignants ressources pour aider les élèves en difficulté dans chaque école. Enfin direz-vous un signal positif !
Surprise : dans beaucoup d'écoles, la direction doit les imposer et les enseignants n'en veulent pas !
Je pourrais continuer encore plusieurs pages mais je vais m'arrêter ici pour le moment afin de vous dire ce qui suit : méfions-nous des solutions toutes faites simples et des recettes uniques pour trouver des solutions à une problématique aussi complexe que celle de l'apprentissage ou comme le dirait Pennac, de la façon de susciter le désir d'apprentissage de la langue en tant qu'outil d'émancipation de nos élèves. L'élève d'aujourd'hui est un être complexe et surtout, oublions l'élève du passé, il ne reviendra pas.
Jean-Pierre Filion
Montréal
