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Çala pas «d'hostic» d'allure !
Après avoir tout fragilisé, en prônant la culture du moindre effort, on ne joue pas aux redresseurs, ni aux cardeurs, ni aux préfets de discipline, comme tentent de le faire les «pousseux de crayons sans effaces» de la Fonction publique dysfonctionnelle, ceux qui cherchent constamment à sauver leurs faces et à justifier leurs titres, en maquillant la réalité et en masquant la vérité.
Vive les «compétences transversales des s'éduquant», proclamait un sous-ministre en titre ! HÉRITAGE LOUFOQUE que lèguent les ROBOTS du «G», le gratte-ciel de toutes les jactances les plus ampoulées et de toutes les enflures langagières les plus pompeuses!
Même si les Québécois appellent la loi 101 en renfort, le résultat fut, est et sera toujours nul. Ce rempart contre les intrusions anglophones (fantasmes des manipulations séparatistes de l'époque) n'a absolument rien donné aux francophones, à part de leur foutre des complexes de supériorité, ce genre de complexes que développent ceux qui se croient supérieurs à tout le monde. On ne protège pas de façon théorique, par une loi potiche que tout le monde ignore, une langue que les usagers, par ailleurs et à plein temps, bafouent, marmonnent, piétinent et ne respectent d'aucune façon. C'est le cas typique du dialecte québécois, cette langue fourre-tout de tous les emprunts «florida» et endettements historiques, qui ce sacre de tous les déficits et qui célèbre, du 24 juin au 24 juin de chaque année, toutes les médiocrités qui s'y greffent. Les gradués des ZOOGEPS, ces carrefours de tous les laxismes et de toutes les gratuités, possèdent tant bien que mal, à peine 2000 mots, pour vivre, pour gagner leur vie, pour faire avancer leur Québec National, alors que le moins épais des dictionnaires en contient quelques 40 000. À ce chapitre, nombre d'immigrants qui maîtrisent remarquablement deux langues et plus, font la leçon à de très nombreux Québécois se réclamant de souche.
Il presse donc d'admettre, à défaut de le comprendre, que la fierté ne s'enseigne pas. On vient au monde «avec» et la famille est le meilleur terreau de son développement et le meilleur tuteur de sa culture de départ.
A la fin du premier quinquennal de la Révolution tranquille, les «penseurs» du MÉQ avaient déjà décroché et ignoblement lâché prise, en timbrant massivement les enveloppes des programmes de Français, dispersées en région, alors qu'elles avaient été vidées de leurs contenus essentiels. Les professeurs de français de cette époque, les tenants de l'orthodoxie qui faisaient de la poursuite de l'excellence le fondement des minima de leurs objectifs éducatifs terminaux, ces «super enseignants et solides éducateurs» ont été sommés de cesser leurs «poussées d'élitisme» et leurs «excès de zèle», par les fractions dominantes d'un syndicalisme de «bottines à cap». À cette belle époque, étant directeur des études et ayant inscrit le latin et le grec au programme institutionnel de l'école secondaire où l'enthousiasme des enseignants donnait des ailes, j'ai moi-même été enjoint de corriger une trajectoire «d'élitisme sélectif non inclusif» qui déplaisait autant aux oiseaulogues du MÉQ, qu'aux technocrates péquistes de la Commission scolaire, qu'aux bulldozers et niveleuses du Syndicat. Vinrent alors les années 1975 et les autres. Fini l'enseignement structuré de la grammaire. Finies les dictées. Finies les approches syntaxiques. Finie la valorisation du français en géographie, en histoire, en enseignement religieux et en toute autre matière où les fautes tous azimuts pavaient les travaux et où les fautes d'expression foisonnaient. C'était La folle époque où l'antonyme de «traumatisé» devint «pas-assez-matisé»... C'est la malheureuse époque où l'on entendait les ménestrels pédagogiques des Bureaux-Chefs, les troubadours des Réseaux et les trouvères des Départements de Français, avancer, haut et fort, que «plus tard, les secrétaires et correcteurs informatisés dépisteraient et corrigeraient les fautes de tous les Québécois. Il fallait donc s'investir dans l'explosion de l'expression orale, du parle-parle tout aussi verbeux que le creux jase-jase que prônent les droits d'opinion et les libertés d'expression. Ce qui devait devenir un désastre devint un tsunami.
Suivant une logique bien concrète, on n'arrête subitement pas un train qui file à 200 miles à l'heure, sans provoquer une catastrophe inqualifiable, aux répercussions innommables. C'est du bla-bla-bla. C'est irresponsable ! Contrairement à ce qu'a fait la Santé, l'Éducation ne pourra pas se satisfaire de corridors et de fourrières, pour une relève en pleine croissance. D'autre part, quand on connaît la crédibilité des fonctionnaires du MÉQ et la pérennité de leurs réformes que maudissent les pédagogues qui les subissent, le MÉQ, à l'encontre des élèves et des enseignants, à l'encontre de ce qui reste de parents attentionnés et soucieux de la qualité d'expression de leurs rejetons ainsi qu'à l'encontre de tous les surtaxés qui défrayent tous les coûts de ces stupides errances devenues itinérance continue, le MÉQ, dis-je, VA-T-IL ENCORE RÉUSSIR À ÉCHOUER ? NON ! Il faut arrêter l'hémorragie d'une DÉCONCENTRATION qu'on a appelée DÉCENTRALISATION que les milieux n'ont jamais connue.
Va-t-on confier la rédaction et la mise en oeuvre d'un programme de français qui respecte des balises linguistiques de haut standard et les meilleurs créneaux de la culture langagière, à l'actuelle génération des «ÇALAS» qui ont FULL PAS RAPPORT, AVEC PAS DE SAVOIRS, JUSTE DES ATTESTATIONS et dont le nombre est la seule justification requise aux largage des subventions aveuglément consenties par les saupoudreurs gouvernementaux ...
Voici une des grandes vérités universelles que nous a léguée Nicolas Boileau : «CE QUI SE CONÇOIT BIEN S'ÉNONCE CLAIREMENT ET LES MOTS POUR LE DIRE ARRIVENT AISÉMENT». Tant et aussi longtemps que les Québécois ne liront autre chose que des bandes dessinées, que des résultats de loteries et/ou des imageries pornographiques ; tant que les Québécois ne meubleront pas leur pensée, n'équiperont pas leur esprit et n'ouvriront pas leur intelligence aux réalités universelles ; tant que les Québécois ne se soucieront pas du mot juste ; tant que les Québécois mettront tous les «qui, que, quoi, dont, où» dans le même sac ; tant que les Québécois «ces insoumis», n'admettront pas qu'il faut construire avant de meubler et qu'ils ignoreront les règles de la syntaxe et, du même coup, celles de la grammaire ; tant que les Québécois bouderont les dictionnaires ; tant que les Québécois ne s'intéresseront qu'aux biographies de Chrétien, de Mulroney, de Charest, de Nathalie Simard et des soeurs Hilton, on ne cherchera que des substituts et des succédanés au développement de l'esprit ainsi que des cataplasmes qui ne font que cacher des plaies béantes de l'expression orale et le catastrophique «full vide» de l'expression écrite.
Sans réveiller ni Montcalm ni Woolf, loin de Paris et de Marseille, loin de l'Afrique ou de Haïti, loin des francophonies continentales, il va nous devoir consentir l'effort collectif de ramener notre langue si particulière, si distinctive et typiquement nord américaine, au centre de nos champs de bataille quotidiens, comme il nous faudra choisir ceux et celles qui vont commander les troupes et les diriger vers une victoire historique assurée et garantie de durer.
Gerry Pagé
Ville de Québec
