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La même rengaine
Je ne sais pas si des lecteurs de ce journal ont déjà eu à subir les examens de français pour les futurs enseignants, le SEL ou le CÉFRANC, mais il est à noter que ceux-ci ciblent surtout les exceptions de la langue et dieu sait qu'il y en a. Or, on demande donc aux enseignants de «performer» sans outils linguistiques, à froid, de mémoriser des notions qui, de toute évidence, seront aussi vite oubliées une fois l'examen réussi. Un bon enseignant,sa passion de la langue mis à part, est celui qui doute, qui utilise le dictionnaire et la grammaire constamment et qui sait faire douter ses élèves. Même après des années d'expérience, je ne connais aucun enseignant qui peut se vanter de connaître toutes les règles de grammaire par coeur.
Toujours dans un même ordre d'idée, je vais reprendre la même rengaine que d'autres ont déjà entonnée avant moi. La lecture, aujourd'hui, connait des ratées. Certains de mes jeunes collègues ne connaissent même pas le nom de Victor Hugo et encore moins ses oeuvres. Je ne peux les en blâmer. La formation en éducation est pitoyable. Elle est surtout axée sur les théories pédagogiques au détriment de l'apprentissage de la littérature. Or, croyez-moi, toutes ces belles théories pédagogiques sont immédiatement reléguées aux oubliettes une fois le jeune enseignant confronté à la dure réalité d'une classe surpeuplée, du manque de savoir-vivre, de la démotivation et de la lourdeur de la tâche. L'enseignant est appelé à jouer les rôles de formateur, de psychologue, de gestionnaire, de surveillant et tutti quanti.
Somme toute, s'il faut «mettre nos culottes» et assumer, s'il faut s'attaquer au problème en toute bonne foi, il faudrait commencer par réduire le nombre d'élèves par classe, imposer la lecture et surtout alléger la tâche des enseignants. Personnellement, j'ai une maîtrise en lettres et je termine un baccalauréat en philosophie et je ne suis donc pas formé pour jouer les surveillants ou les psychologues.
