Le président Bush exhorte le Golfe à affronter le danger iranien

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AFP , AP , Reuters
Édition du lundi 14 janvier 2008

Mots clés : islam, Abou Dhabi, George W. Bush, Terrorisme, États-Unis (pays), Iran (pays)

«L'Iran est le premier État à parrainer le terrorisme dans le monde»

Le président Bush s'est rendu hier dans un haras des Émirats arabes unis où des faucons lui ont été présentés. Lorsque l'un des oiseaux a soudainement bougé, il a fait un saut en arrière. «Vous le rendez nerveux», a-t-il lancé aux journalistes. «Il n'avait jamais eu auparavant de conférence de presse!»

Photo: Agence Reuters

Abou Dhabi -- Le président américain, George W. Bush, s'est livré hier à Abou Dhabi à une nouvelle attaque contre l'Iran, le qualifiant de «premier État à parrainer le terrorisme dans le monde». Il a jugé que les alliés arabes de Washington devaient s'unir face à ce danger «avant qu'il ne soit trop tard».

Longue est la liste de maux que le président Bush impute à l'Iran. À mi-parcours de sa tournée de huit jours dans la région, George W. Bush l'a accusé de financer les terroristes, de saper la stabilité du Liban, d'envoyer des armes aux talibans, d'intimider ses voisins par une rhétorique alarmiste et de défier l'ONU en refusant d'être transparent sur son programme nucléaire. «L'Iran est le premier État à parrainer le terrorisme dans le monde», a-t-il lancé dans un discours sur la démocratie à Abou Dhabi. «Les actions de l'Iran menacent la sécurité de pays partout dans le monde.»

«De ce fait, les États-Unis renforcent leurs engagements de sécurité avec [leurs] amis dans le Golfe, et rallient [leurs] amis dans le monde entier pour faire face à ce danger avant qu'il ne soit trop tard», a ajouté le président américain.

L'Iran, par la voix de Mohamed Ali Hosseini, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a parallèlement dénoncé la «politique aventuriste» que continuent de mener «certains cercles» de Washington.

Il a ajouté que les efforts du gouvernement américain pour isoler la République islamique avaient échoué. Au contraire, «nous assistons à une forte poussée de la convergence entre les pays de la région et la République islamique d'Iran», a-t-il dit.

La rhétorique agressive entre Washington et Téhéran est encore montée d'un cran après l'incident naval qui a opposé les deux pays il y a une semaine dans le détroit d'Ormouz, qui commande l'entrée du Golfe.

Le président Bush a profité de sa visite à Bahreïn pour rencontrer le vice-amiral Kevin Cosgriff, commandant de la Ve Flotte américaine. L'officier supérieur l'a informé qu'il prenait extrêmement au sérieux l'incident du 6 janvier dans le détroit d'Ormuz où des vedettes iraniennes ont mené des manoeuvres hostiles, selon Washington, contre trois bâtiments américains.

Un Moyen-Orient libre et juste

Évoquant également l'Irak, la question palestinienne et le terrorisme, le président Bush a assuré que les États-Unis n'avaient «aucun désir territorial». «Nous pensons que la stabilité ne peut venir que de votre liberté. Nous pensons que la stabilité ne peut venir que par un Moyen-Orient libre et juste où les extrémistes seront marginalisés», a-t-il dit.

Si le chef de la Maison-Blanche a salué certaines réformes démocratiques mises en oeuvre dans des pays de la région, il a exhorté les dirigeants arabes à manifester leur soutien au fragile gouvernement irakien, à ouvrir leur société et à fournir un appui, ainsi qu'un possible financement, afin de contribuer à un accord de paix israélo-palestinien.

«Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que les gens croient en la promesse d'un avenir meilleur lorsqu'ils sont emprisonnés pour avoir pacifiquement adressé une pétition à leur gouvernement», a par ailleurs lancé M. Bush dans une allusion, discrète, au manque de démocratie des pays qu'il visite dans le Golfe.

Aujourd'hui, George W. Bush quitte les EAU pour l'Arabie saoudite -- pays également visité par le président français Nicolas Sarkozy. M. Bush devait se servir de sa relation personnelle avec le roi Abdallah pour le presser de faire «un investissement stratégique dans l'avenir de la région» et de soutenir les modérés, au Liban mais surtout dans les Territoires palestiniens, a dit ce responsable.

Pousser à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant fin 2008 et rallier les pays arabes à cette entreprise constituait l'autre priorité de la tournée de M. Bush, commencée mercredi en Israël et dans les Territoires.


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