Technologie - Des films qui bougent!

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 14 janvier 2008

Mots clés : D-Box, Technologie, Culture, Cinéma, Québec (province), États-Unis (pays)

La technologie développée par l'entreprise québécoise D-Box a fait tourner bien des têtes à Las Vegas

Le Consumer Electronics Show de Las Vegas, qui avait lieu la semaine dernière, est l'événement idéal pour lancer une nouvelle technologie dans le domaine cinématographique. C'est ce qu'a fait l'entreprise québécoise D-Box.

Photo: Agence France-Presse

Au fil des années, le Québec a acquis une solide réputation dans le domaine de l'animation et des effets spéciaux, tant au cinéma qu'à la télévision. Pensons aux Softimage, Miranda, Discreet, Kaydara ou Toon Boom Technologies qui sont devenues des incontournables dans l'industrie cinématographique. À ces noms, il faudra bientôt ajouter D-Box. L'entreprise ayant, pour une deuxième année consécutive, fait tourner des milliers de têtes au Consumer Electronics Show de Las Vegas, mais, surtout, parce qu'elle commence à aligner sur sa liste de partenaires d'affaires les plus grands studios de cinéma.

Déjà, Disney, la Twentieth Century Fox et LionGates utilisent sa technologie. Une technologie révolutionnaire qui se compare à celle qui a révolutionné le cinéma avec l'arrivée du son Dolby en salle pour la sortie du film A Star Is Born en 1976. Mais chez D-Box, on ne fait pas dans le son, mais plutôt dans une troisième dimension qui manquait au cinéma, le mouvement.

Installés dans leurs salles de cinéma privées, déjà des milliers d'utilisateurs peuvent bénéficier d'une technologie développée par l'entreprise de Longueuil qui codifie manuellement, scène par scène, des films pour leur ajouter jusqu'à une dizaine de mouvements pour un seul plan, des mouvements qui sont reproduits par la suite par des fauteuils spécialement équipés de la norme D-Box Motion.

Plus de 700 films

Aujourd'hui, le catalogue des films encodés avec une piste D-Box Motion se chiffre à plus de 700 productions, et la sélection ne fait que s'accroître. Encore la semaine dernière, la Twentieth Century Fox annonçait que les deux films Independence Day et I, Robot allaient sortir en format Blu-ray le 11 mars prochain, avec le code de mouvement D-Box.

Un mouvement qui permet au spectateur de ressentir un film comme il ne l'a jamais fait auparavant. Car le système de mouvement intégré D-Box ajoute vraiment à l'expérience sensorielle que peut procurer un film. La semaine dernière lors de mon passage au kiosque de D-Box à Las Vegas, j'observais des gens qui attendaient jusqu'à trente minutes pour essayer la présentation de D-Box. Tous avaient un large sourire à la fin de la présentation. Et pour cause, le mouvement ajouté à une scène permet selon celle-ci de sentir des vibrations, de la vitesse ou des secousses comme on en retrouve dans les deux plus récents films dotés d'une piste D-Box Motion, Fantastic four: Rise of the Silver Surfer et Live Free ou Die Hard.

De cinéma au jeu vidéo

Mais ce qui ajoute à l'intérêt que l'on doit porter à cette entreprise d'effets spéciaux, c'est que celle-ci ne s'arrête pas au cinéma et à la télévision. Le jeu vidéo est également partie prenante de sa stratégie. On n'a qu'à tester son simulateur de F1 pour comprendre tout de suite le potentiel d'une telle technologie couplée aux consoles de nouvelles générations. D'ailleurs, Sony ne se cache pas pour montrer un intérêt envers cette nouvelle approche. Lors de mon passage au kiosque de D-Box, j'ai pu apercevoir des poignées de mains et des sourires entre les représentants de Sony et de D-Box qui en disaient long.

Le fait que D-Box ait adopté très rapidement le format Blu-ray de Sony n'est sûrement pas étranger à cet intérêt et cette sensibilité du géant japonais envers le savoir-faire québécois. Très tôt, l'entreprise de Longueuil a montré ses couleurs dans cette guerre de format qui opposait le clan HD-DVD de Toshiba à celui du Blu-ray de Sony. On connaît depuis la semaine dernière le dénouement de cette lutte à finir. Et «si la tendance se maintient», comme dirait Bernard Derome, c'est maintenant très clair pour tous les analystes de l'industrie que le format Blu-ray de Sony va remporter cette confrontation.

Onde de choc

Tout semble s'être joué la semaine dernière alors que Warner annonçait son départ de la coalition HD-DVD. Une onde de choc qui s'est amplifiée quelques jours plus tard par la rumeur, depuis confirmée, que les studios Paramount faisaient de même. Depuis, même Microsoft a fait savoir qu'il allait faciliter l'utilisation du format Blu-ray dans son environnement. Une rebuffade de taille pour le clan HD-DVD puisque Microsoft était l'un des premiers alliés de Toshiba.

Ce revirement de situation peut s'expliquer en partie par la nouvelle approche tarifaire de Sony avec sa PlayStation 3. En diminuant le prix de sa console de jeu vidéo avant les Fêtes, Sony a augmenté de façon importante la pénétration des lecteurs Blu-ray dans les foyers. Je connais peu de gens qui désiraient dépenser 400, 700 ou 1000 dollars pour un lecteur Blu-ray. Mais au contraire, je connais de nombreuses personnes qui ont investi 400 dollars pour acheter la nouvelle PS3 qui est équipée d'un lecteur Blu-ray intégré. Car Sony utilise la norme Blu-ray pour les jeux de la PS3.

Pour revenir à D-Box, cette multiplication des lecteurs Blu-ray dans les chaumières est également une très bonne nouvelle pour l'entreprise. Car, aujourd'hui, si D-Box est reconnu pour ses produits haut de gamme, qui coûtent des sommes importantes, l'entreprise cherche maintenant à produire, au moyen de partenariat, des fauteuils et des chaises dotés de la technologie de simulation de mouvement qui seront beaucoup plus abordables pour le cinéphile et l'amateur de jeu vidéo du dimanche.

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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