Fonds d'investissement - Pourquoi ne pas investir dans les marchés émergents?
Mots clés : James Morton, marchés émergents, Investissement, Économie, États-Unis (pays)
James Morton est un gestionnaire de premier plan spécialisé dans la gamme de fonds Cundill de la famille Mackenzie. En collaboration avec le célèbre Peter Cundill, il est chargé du Mackenzie Cundill Renaissance, un fonds d'actions étrangères de 1,5 milliard d'actifs ayant généré un rendement annualisé de 18,7 % depuis sa création en septembre 1998 et de 26,4 % annualisé sur cinq ans. Une performance plutôt exceptionnelle pour un fonds d'actions étrangères.
Pourquoi investir dans les marchés émergents? Le gestionnaire explique dans une publication de Mackenzie que ces pays ne sont plus vraiment émergents, qu'ils ont plutôt largement émergé. En fait, plus de la moitié du PIB mondial provient des économies émergentes. Le cap aurait été franchi en 2003. Selon le gestionnaire, la croissance future proviendra de la Chine et de l'Inde et non plus des États-Unis ou de l'Europe.
De plus, le gestionnaire est convaincu des bienfaits futurs de l'investissement dans les marchés émergents: «Où voulez-vous que votre argent soit placé? Dans des marchés établis et des économies stagnantes ou dans des endroits où la croissance est dynamique, où l'on crée de la valeur, où les gens sont animés par une motivation extraordinaire et où le marché s'enrichit de millions de nouveaux consommateurs?» Le gestionnaire ajoute que la question à se poser est plutôt: «Pourquoi ne pas investir dans les marchés émergents?»
Les moteurs
Pour James Morton, l'automobile et l'urbanisation seront les moteurs de l'économie. Le secteur automobile chinois connaîtra nécessairement une importante croissance. La logique qui sous-tend cette prédiction est simple. Le gestionnaire souligne que, pour la Chine et l'Inde, qui comptent ensemble plus de deux milliards d'habitants, seulement 1 % de la population possède une voiture. En Chine, pas moins de 130 millions de personnes détiennent un permis de conduire, mais pour «seulement» 20 millions de voitures.
Selon le gestionnaire, «la multiplication du nombre de véhicules créera évidemment certains problèmes, mais, que cela vous plaise ou non, elle aura lieu. Ces gens veulent des voitures et ils vont en acheter. Cet appétit représente une part énorme de l'économie.»
Le gestionnaire est également convaincu que l'urbanisation va continuer à constituer «le principal moteur de la croissance économique». Actuellement, selon les chiffres des Nations unies, la population urbaine des pays en voie de développement, qui est actuellement de près d'un milliard, passera à environ trois milliards en 2020.
La gouvernance
Au chapitre d'éventuelles lacunes en ce qui concerne la gouvernance, le gestionnaire explique que les risques sont présents partout. «Nous cherchons des actions qui se négocient à des cours intégrant le risque, ce qui me ramène aux principes de la marge de sécurité. La gouvernance peut, certes, parfois laisser à désirer, mais n'est-ce pas le cas partout?»... «Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les entorses à la gouvernance d'entreprise ne sont pas tellement plus fréquentes dans les marchés émergents. Où se sont produits les grands scandales comptables de la dernière décennie? Aux États-Unis.»
Il note que l'affaire Enron et les fraudes concernant les options d'achat qui ont affecté des milliers d'investisseurs n'ont pas eu lieu en Asie, mais bien dans un pays développé.
Le plus grand risque n'est donc pas associé à la gouvernance. De l'avis du gestionnaire, le plus grand risque qui pèse sur les marchés émergents concerne plutôt l'environnement. «L'environnement est un gros problème, quand on sait qu'environ la moitié de la population chinoise habite dans les villes et y respire un air irrespirable selon les normes canadiennes... Mais les pouvoirs publics sont conscients de ce problème, qui ne passe pas évidemment inaperçu, et des mesures ont été prises. C'est tout à leur honneur de reconnaître le problème et de s'en occuper, car il faut bien se rendre compte qu'ils sont loin d'être arrivés au même stade que nous en ce qui concerne le niveau de vie.»
La volatilité
Bien que le potentiel de rendement à long terme des marchés émergents soit plus élevé que celui des marchés développés, il faut savoir que les gains y sont davantage irréguliers. Ce genre de fonds devrait représenter une partie minime d'un portefeuille équilibré.
Notons que la volatilité propre aux marchés émergents n'a pas que du négatif. Elle peut également représenter des occasions d'achat pour les gestionnaires tels que James Morton.
Le fonds Mackenzie Cundill valeur marchés émergents privilégie les sociétés à petite capitalisation. Le fonds peut détenir des titres dans des pays qui ne sont pas en émergence et utiliser des stratégies de couverture de taux de change. Depuis sa création en avril 2007, le fonds a bondi de 10,4 %.
Toujours dans la même catégorie, notons la bonne performance à long terme du Templeton catégorie société BRIC. Le produit est présent à la fois au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine -- y compris Hong Kong et Taiwan. Le rendement annualisé sur deux ans est exceptionnel: 42,7 %. Mark Mobius en est le gestionnaire. Le fonds Fidelity Étoile d'Asie, géré par l'excellent gestionnaire K. C. Lee, est une option tout aussi intéressante.
À retenir: les fonds de marchés émergents sont des produits intéressants. Leur volatilité est toutefois beaucoup plus élevée que notre indice de référence de la Bourse de Toronto. Il est donc important de ne jamais investir massivement votre encaisse, mais d'accumuler des unités sur de très longues périodes, d'au mois 12-18 mois. Et d'user de patience!
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question@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
Vos réactions
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