À voir à la télévision le jeudi 17 janvier - La face cachée de Persepolis
Mots clés : animation, bande dessinée, Cinéma, France (pays)
Alors que le film d'animation Persepolis, couronné à Cannes du prix du jury, gagne nos salles, nous est livré un making of qui remonte le cours du travail en amont, du dessin à l'enregistrement des voix, en passant par le bruitage. Adapté des populaires bédés de la Française d'origine iranienne Marjane Satrapi, qui y racontait son enfance sous le régime du shah puis sous l'emprise des mollahs, et sa jeunesse en Occident, le film ne prétendait pas refaire la bédé, mais trouver un nouveau langage. Marjane Satrapi en avait signé la réalisation aux côtés de Vincent Paronnaud.
Elle ne voulait pas transposer l'action dans un film avec acteurs, car le côté abstrait, qui rend le propos universel et renvoie à toutes les dictatures, iraniennes ou autres, se serait alors dissous. Marjane Satrapi refusait aussi le recours des dessins par ordinateur, car le poids et la vibration de la main donnent cette imperfection qui ressemble à la vie.
Un trop bref regard sur le travail de la chef décoratrice empêche de saisir à quel point les paysages ont été transformés. Dans la bédé, ils étaient quasi inexistants, mais dans le film, chaque ville, Téhéran surtout, est fidèlement reproduite à partir des paysages réels. Il est amusant de suivre les enregistrements de Chiara Mastroianni, qui prête sa voix à Marjane avant même que les dessins soient conçus, suivant à l'aveugle les directives de la bédéiste-réalisatrice. L'entreprise de chanter faux The Eye of the Tiger est particulièrement rigolote. Ni elle ni Danielle Darrieux, qui incarne la grand-mère, n'avaient déjà doublé une animation et l'exercice les a manifestement beaucoup amusées. Le bruiteur, avec ses frôlements, ses tintements, ses objets fracassés, est un des héros les plus mémorables du making of.
Le Making of de Persepolis - Artv, 22h30

