Les primaires américaines - Pas de répit pour les candidats
Mots clés : Obama, Clinton, John McCain, Élection, Gouvernement, États-Unis (pays)
Quatre rendez-vous cruciaux attendent les aspirants à la Maison-Blanche

Photo: Agence Reuters
Quatre États (Michigan, Nevada, Caroline du Sud et Floride) organisent des primaires et caucus d'ici la fin du mois et, en cas de mauvaise performance, certains candidats pourraient devoir mettre un terme à leurs ambitions présidentielles avant même le «méga-mardi».
La sénatrice de New York a battu sur le fil mardi soir le jeune sénateur noir de l'Illinois Barack Obama, donnant un nouveau souffle à sa campagne. Mme Clinton avait absolument besoin d'une victoire avant le «méga-mardi», alors qu'une vingtaine d'États, dont New York et la Californie, sélectionneront à leur tour le candidat à l'investiture.
La victoire du «revenant» John McCain dans la primaire républicaine laisse également le champ grand ouvert dans le camp républicain.
Mme Clinton a évoqué hier l'émergence d'un lien «personnel et profond» avec les électeurs, tandis que son rival malheureux Barack Obama mentionnait «une bataille âprement disputée».
Chez les républicains, l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, un richissime homme d'affaires mormon, a absolument besoin d'une victoire dans le Michigan le 15 janvier. M. Romney, qui a passé son enfance dans cet État dont son père fut le gouverneur, devra batailler durement contre M. McCain.
«M. Romney a dépensé énormément de temps et d'argent dans l'Iowa et le New Hampshire; or il n'a remporté ni l'un ni l'autre», a constaté James Gimpel, un expert de l'Université du Maryland. Si M. Romney ne parvient pas à s'imposer dans le Michigan, «ses jours dans la course semblent comptés», a-t-il estimé.
Côté démocrate, le Michigan aura surtout une valeur symbolique. La direction nationale du parti conteste la date choisie par les démocrates locaux et a décidé de ne pas tenir compte du résultat du scrutin.
Privés d'une vraie compétition dans le Michigan, les candidats démocrates devront se concentrer sur les caucus du Nevada prévus le 19 janvier. Un important syndicat de cet État a appelé hier ses adhérents à voter pour M. Obama. Le Syndicat des employés de la restauration revendique 60 000 adhérents et représente une force politique importante dans cet État.
Ce soutien syndical constitue un revers pour Mme Clinton et l'ancien sénateur de la Caroline du Nord John Edwards, qui courtise les syndicats avec son discours axé sur la défense des classes moyennes.
Le 19 janvier, les républicains auront surtout les yeux rivés sur la Caroline du Sud. L'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, vainqueur de l'Iowa et honorable 3e dans le New Hampshire, peut de nouveau créer la surprise. Les primaires démocrates de la Caroline du Sud auront lieu le 26 janvier. Pour M. Edwards, natif de cet État et ancien sénateur de la voisine Caroline du Nord, ce sera quitte ou double.
Le 29 janvier, la Floride se prononce. Côté démocrate, la situation est similaire à celle du Michigan. Pour les républicains, en revanche, ce test s'annonce crucial.
L'ancien maire de New York Rudolph Giuliani a pratiquement tout misé sur cet État. Un échec en Floride compromettrait sérieusement ses chances d'obtenir l'investiture. «Giuliani joue son va-tout en Floride», estime Eric Davis, professeur de sciences politiques au collège Dartmouth, dans le New Hampshire.

