Clinton de retour en force
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Obama battu au New Hampshire; McCain l'emporte chez les républicains

Photo: Agence Reuters
Côté républicain, le sénateur de l'Arizona, John McCain, dont la plupart des commentateurs prédisaient la mort politique il n'y a pas longtemps, a remporté la victoire dans la primaire d'hier, comme le laissaient présager les plus récents sondages.
Après le décompte de 87 % des bulletins de vote, Hillary Clinton l'emportait par deux points de pourcentage contre Barack Obama. L'ancien sénateur de la Caroline du Nord et colistier de John Kerry en 2004, John Edwards, est arrivé assez loin en troisième place. Ce dernier a toutefois promis de rester dans la course.
Rayonnante, Hillary Clinton a avoué à ses partisans réunis à Manchester que la semaine qu'elle vient de passer a été difficile pour elle, mais aussi constructive. «Je vous ai écouté, et dans le processus, j'ai trouvé ma propre voix», a lancé la sénatrice de l'État de New York, visiblement émue par sa victoire serrée.
«J'ai l'impression que nous avons tous parlé avec notre coeur, et je suis tellement reconnaissante que vous ayez répondu», a -t-elle déclaré, entourée de son mari Bill et de sa fille Chelsea. «Donnons maintenant à l'Amérique le genre de retour que vous m'avez donné ce soir.»
«Vous avez rappelé à tout le monde que la politique n'est pas un jeu, que cette campagne concerne des gens», a mentionné Mme Clinton dans un discours axé en bonne partie sur des enjeux sociaux.
À quelques kilomètres de distance, à Nashua, Barack Obama s'est adressé à ses partisans dès l'annonce de la victoire de sa rivale. Il a félicité Hillary Clinton pour cette «victoire âprement disputée», avant de livrer un discours énergique annonçant que la lutte restera chaude jusqu'à la fin. «Je suis toujours très motivé et prêt à continuer», a-t-il lancé sous les applaudissements d'un public sonné, mais pas abattu.
«Il y a quelques semaines, personne n'aurait pu imaginer ce que nous avons accompli ce soir au New Hampshire», a dit Obama en faisant allusion aux sondages qui le plaçaient loin derrière Clinton avant le revirement des derniers jours.
«Ce soir, vous avez dit clairement qu'il se passe quelque chose en Amérique», a-t-il lancé, martelant son message du changement souhaité et en reprenant ses grands thèmes de campagne.
Il est notamment revenu sur celui de la réconciliation nationale au-delà des clivages partisans et, comme Mme Clinton allait le faire quelques minutes plus tard, il a promis de rapatrier les soldats américains engagés en Irak.
En l'emportant sur l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, John McCain, un vétéran de la guerre du Vietnam, retrouve la «pole position» qu'il avait prise lors des premières salves de la longue course à l'investiture présidentielle, il y a deux ans.
Les électeurs républicains qui ont porté leur choix sur John McCain l'ont fait en bonne partie en raison de sa position sur la guerre en Irak, selon les commentateurs. Celui-ci est considéré comme l'auteur intellectuel de la «surge», c'est-à-dire de l'envoi temporaire de renforts dans ce pays au début de l'année, une stratégie qui selon plusieurs observateurs a donné de bons résultats.
Accueilli triomphalement par des partisans scandant «Mac est de retour! Mac est de retour!», John McCain a lancé: «Ce soir, nous leur avons montré à quoi ressemble un "comeback" [retour en force]!».
À plusieurs reprises il a parlé de son sens du devoir, se défendant d'être un «insider» (initié) de Washington, comme certains de ses adversaires le lui ont reproche.
«Une autre médaille d'argent. Je préférerai celle en or, mais c'est celle en argent», a déclaré M. Romney en reconnaissant sa défaite. La candidat s'était fait connaître en 2002 en reprenant en mains la gestion des Jeux Olympiques d'hiver de Salt Lake City.
M. Romney a promis de continuer à batailler dans la course à l'investiture pour la présidentielle de novembre, malgré sa défaite d'hier et celle de jeudi en Iowa. L'ancien gouverneur du Massachusetts a toutefois remporté les caucus du Wyoming, dont l'importance est relative.
Dans l'Iowa, les électeurs républicains lui avaient préféré Mike Huckabee, qui a dû se contenter hier de la troisième place au New Hampshire.
L'ancien maire de New York, Rudolf Giuliani, a quant à lui pris la quatrième place dans le Granite State avec 9 % des votes après dépouillement de 87% des bulletins. Il n'y avait pas fait campagne, pas plus qu'ebn Iowa.
Les prochains tests électoraux auront lieu le 15 janvier (primaires démocrates et républicaines dans le Michigan), le 19 janvier (caucus démocrates et républicains dans le Nevada et primaires républicaines en Caroline du Sud) et le 26 janvier (suivies de primaires démocrates le 26 janvier dans ce dernier État acquis aux démocrates depuis plusieurs décennies et où Hillary Clinton a tissé des liens étroits avec l'importante communauté noire).
Le 5 février, 22 États dont la Californie et New York tiendront leurs primaires. «Je considère que le moment décisif arrivera à minuit sur la côte ouest le 5 février, parce qu'il va falloir attendre jusque-là pour vraiment voir comment tout ça va tourner», avait déclaré Hillary Clinton plus tôt dans la journée d'hier NBC.
Un sondage sortie des urnes publié par la chaîne de télévision Fox donnait un début d'explication à la victoire de Mme Clinton : son retour en grâce auprès des femmes qui l'avaient majoritairement délaissée en Iowa et sa popularité confirmée auprès des familles à revenu modeste.
Pour plusieurs observateurs de la scène politique américaine, le verdict de l'Iowa en faveur de Barack Obama, qui se présente comme le candidat de «l'espoir» et du «changement», indique que ce sont les attitudes des Américains qui sont en train de changer profondément.
Cette victoire et sa performance tout fait honorable au New Hampshire semblent pour le moment faire mentir le mantra voulant que nos voisins du Sud ne sont pas prêts à élire un Noir. L'Iowa et le New Hampshire opnt des populations très majoritairement blanches.
Au moins autant que son programme, c'est la personnalité de Barack Obama qui bouscule les idées reçues et modifie la donne dans le bal des primaires, selon plusieurs analystes cités par l'agence Reuters.
La séduction qu'il exerce chez les électeurs blancs tient, pour partie, à ses racines multiculturelles, étant de mère blanche et de père kényan et ayant grandi d'abord à Hawaii puis en Indonésie, puis de nouveau à Hawaii.
Cet aspect, de même que son message optimiste, le distinguent des autres hommes politiques noirs et l'aident à ne le font pas paraître menaçant.
Vos réactions
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