Jean-Claude Labrecque recevra le prix Jutra-hommage le 9 mars
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Le cinéaste «à la mémoire de kodak» aimerait revenir à un cinéma de fiction

Photo: Pedro Ruiz
Le nom de Jean-Claude Labrecque demeure, dans un plus large registre, lié à la grande aventure du cinéma québécois depuis ses débuts au direct, ténor parmi les directeurs photo pour des films phares. Il fut notamment l'oeil de Claude Jutra (À tout prendre), celui de Gilles Groulx (Le Chat dans le sac), de Gilles Carle (La Vie heureuse de Léopold Z.) comme, dernièrement, l'oeil de Bernard Émond (La Neuvaine, Contre toute espérance, etc.). «Travailler avec de tels cinéastes m'a fait beaucoup avancer, précise-t-il. Avec Émond, je suis parti à la recherche de la lumière.»
Henri Welsh, délégué général de la Soirée des Jutra, l'a qualifié de mémoire vivante. «J'ai une mémoire de "kodak"», disait hier M. Labrecque.
Une invitation à continuer
Le cinéaste avait déjà reçu le prix Albert-Tessier en 1992. Ce Jutra-hommage, il le considère comme un laurier important, précise-t-il. «Non pas une consécration de carrière, plutôt une invitation à continuer.» De fait, Jean-Claude Labrecque ne chôme pas. Cette année seront diffusés deux de ses documentaires: Infiniment Québec, coup de chapeau historique et intimiste à sa ville natale, dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de Québec, et Félix Leclerc, pieds nus dans l'aube, hommage au chantre de Moi, mes souliers, 25 ans après sa mort, avec images d'archives inédites trouvées à Paris et lecture de l'auteur de son roman Pieds nus dans l'aube (destiné au marché télé sur les ondes de Radio-Canada).
Jean-Claude Labrecque, à force de filmer notre histoire, peut aligner les anecdotes, notamment sur la nervosité du général de Gaulle tout au long du parcours qui le menait à Montréal, le jour du grand discours, «car il souhaitait la présence de la presse internationale». En 1970, pour La Nuit de la poésie, dont le documentaire qu'il en a tiré, avec les performances de Claude Gauvreau, Gaston Miron, Raoul Duguay, Gérald Godin, Michèle Lalonde, est devenu une oeuvre-référence, il revendique un but délibéré. «On a fait ça avec des intentions d'archivistes, sans deviner que ce serait un tel événement», dit-il aujourd'hui, ajoutant que c'est son équipe qui est en partie à l'origine de la soirée. Deux autres nuits de la poésie furent filmées par la suite, mais l'état de grâce de 1970 ne pouvait être vraiment recréé.
Le cinéaste aimerait revenir à un cinéma de fiction mais, n'y ayant pas touché depuis dix ans, il trouve difficile de convaincre les institutions. Le film qu'il mijote serait tiré de son enfance
à Québec.
À propos d'Infiniment Québec, le documentaire destiné aux salles en juin après un lancement en mars à Québec au Festival de cinéma des 3 Amériques, Jean-Claude Labrecque précise avoir mêlé des documents d'archives historiques à une démarche très personnelle. Il assurera lui-même la voix hors champ dans le film, en y entremêlant des souvenirs personnels.
Autres rêves de Jean-Claude Labrecque: réunir plusieurs de ses documentaires dans un coffret DVD, et une nouvelle sortie en salles pour deux de ses documentaires.
Alors que films et livres font revivre la carrière du pianiste André Mathieu, il voudrait que soit projeté son documentaire André Mathieu, musicien, sorti en 1993 et quelque peu oublié depuis, ainsi que 67 bis, boulevard Lannes (1990), sur l'épisode parisien de Claude Léveillée alors qu'il vivait chez Édith Piaf en 1960, subissant ses caprices et son ascendant.
Vos réactions
Bravo Jean-Claude - par Anne Ardouin
Le mercredi 09 janvier 2008 19:00

