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L'image... il faut voir à travers!
En effet, le poker menteur de la libération des otages détenus par les FARC est vraiment LA saga la plus riche en images.
C'est la lutte constante de celui qui s'en sort le mieux. Comme une intense joute de tennis à trois adversaires.
C'est bien vrai que nous n'avons nul besoin d'être devin ou politicien pour constater, totalement impuissant, que des milliers d'Êtres Humains souffrent et vivent dans des conditions indigne, n'ayant que la prison de la jungle ou de la pauvreté et ayant des guérilleros ou des militaires comme geôlier.
La liberté et les droits humains sont bafoués de façon indécente à bien des endroits sur la planète.
La jungle colombienne domine probablement par la force de son image, par la force de l'image de ses acteurs antagonistes.
Pour M. Stréliski, les trois grands joueurs sont égaux en malices et tous sont sans grands scrupules.
Le piège est de voir ce conflit en surface. On utilise la force des images des opposants pour masquer le fond du problème. On utilise aussi le sentiment du juste, les sentiments de justice et de liberté pour perdre les gestes de tous et chacun dans une bouillie confuse où le bon sentiment prime et où on condamne tous et chacun de la même façon en gardant en réserve la force du rebondissement vers un des camps lorsque le temps sera venu. De miser sur les bons sentiments est une manière de jouer sûre. Cette stratégie démagogique est d'une efficacité redoutable. Personne n'est contre la vertu. Il suffit de parler de vertu de manière bien sentie pour parvenir à une unanimité incontournable. La deuxième étape consiste à faire basculer adroitement les camps en cause, du côté souhaité.
Par exemple, on peut faire condamner les FARC au moindre faux pas, en réutilisant le bon sentiment bien activé. On peut aussi justifier les pires actions en leur accordant le noble objectif de donner la liberté aux otages. On peut justifier la pire tuerie en disant que c'était le seul moyen pour leur libération. Comme la tuerie dans l'histoire de la prise d'otages dans l'école d'Ossétie-du-Nord, à Beslan où 333 personnes, dont 318 otages et 186 enfants, sont mortes suite à l'assaut justifié des forces russes pour les libérer.
Il faut s'efforcer à voir à travers les images et les sentiments, les vrais enjeux.
La Colombie est le dernier bastion US en Amérique du Sud. La fin de la guerre avec les FARC conduirait à la démocratie et le risque qu'un parti de gauche se fasse élire est grand. Les FARC justifient par leur présence, la répression du gouvernement, les paramilitaires d'extrême droite et le contrôle de Washington. Une détente serait catastrophique pour les intérêts US.
Malheureusement, dans toute cette histoire ce sont les otages qui en écopent les premiers et ces otages, ne sont pas uniquement otages des FARC. Il suffirait d'un peu de réelle bonne volonté pour qu'ils recouvrent leur liberté.
Ce dossier est riche en image et le dessous des choses, reste bien obscur. Tout ce que nous pouvons faire c'est de constater: Les otages ne sont pas libérés.
La Colombie est le deuxième pays tout juste après l'Irak à recevoir un soutien militaire considérable de Washington. Le plan Colombie et le plan Patriote sont deux énormes budgets pour pratiquer l'ingérence dans la politique interne du pays.
(3 milliards et 900 millions respectivement).
Il faut s'efforcer de voir sous l'image.
Serge Charbonneau
Québec
