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Il n'y a pas de doute

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le lundi 07 janvier 2008 09:00



Il n'y a aucun doute, le fameux comité-conseil recommandera, comme le gouvernement Harper lui a demandé, de poursuivre l'occupation afghane.
Les propositions des cinq experts en communication le composant mettront de l'avant les meilleurs arguments possible pour convaincre la population canadienne du bien-fondé du contrôle du territoire afghan.

Il est totalement hors de question que les forces armées canadiennes cessent leurs opérations guerrières, peu importe, la réalité. Seul le commandement en chef des forces d'occupation, c'est-à-dire, les chefs politico-militaires de Washington, peuvent marquer la décision du gouvernement canadien.

Les politiques et les méthodes du régime Harper sont totalement calqués sur celles, bien éprouvées, de son mentor états-unien.

La marche directe vers des objectifs hors de toutes considérations démocratiques et humaines de M. Harper continuera d'être exactement conforme à la marche que M. Bush mène, peu importe son impopularité, et peu importe les embûches pouvant être rencontrées.

Les pertes en vie humaines sont un élément négligeable pour ces régimes. Ce qui est un coût pour l'ensemble des Canadiens et des États-Uniens, est en réalité d'énormes profits pour les quelques entreprises qui profitent allègrement de contrats militaires faramineux.

Il n'y a aucun doute que l'occupation se poursuivra. Il n'y a aucun doute que la population afghane souffre de plus en plus de cette situation. Il n'y a aucun doute que la condition des femmes afghanes est, à peu de choses près, au même point qu'elle l'était sous le régime taliban.

De dire: "il y a certes en place un gouvernement qui a été élu démocratiquement" est faire un affront à ce qu'est réellement la démocratie.
Il n'y a aucune démocratie en Afghanistan depuis des lustres.
Il ne faut pas être dupe. Si pour les éditorialistes, il suffit de leur dire que c'est une démocratie pour qu'ils le répètent, il faut, de notre côté, se tenir les yeux bien ouverts et regarder la réalité en face.
C'est un gros secret de polichinelle que la démocratie (sic) sous l'occupation n'est qu'une mascarade médiatique. Aucune des conditions élémentaires pour la démocratie n'est présente dans ce pays occupé. On peut même affirmer que l'Afganistan, politiquement parlant, n'existe plus depuis l'invasion. C'est le règne de la corruption. Les Afghans n'ont pas un mot à dire.
La population afghane est si mal en point qu'elle en est venue à vouloir le retour de leurs anciens bourreaux talibans.
Malgré toutes les apparences, le retour des Talibans n'est pas si mal vu par les vautours guerriers. La bonne santé du mouvement taliban ou d'Al Qaïda est une bonne chose pour maintenir et même augmenter les budgets militaires. Les chefs militaro-industriels s'en réjouissent et espèrent qu'il en sera ainsi pendant encore des années. Les guerres sont le moyen le plus efficace pour s'enrichir et pour bien cimenter ses privilèges.

La démocratie, les droits humains et la liberté sont devenus des concepts vides. Ces mots servent à justifier hypocritement les pires atrocités. Ces mots, vides de leur sens, me font maintenant vomir!
La fibre patriotique qui vibre, me fait également vomir!
Cette mascarade hypocrite n'a rien à voir avec la démocratie, les droits humains et la liberté. Il n'y a jamais eu si peu de liberté et de démocratie et les droits humains n'ont jamais été bafoués avec une telle ampleur, même sous les régimes de Saddam ou des Taliban. C'est la triste réalité.
Du temps de Saddam, vous pouviez prendre vos vacances en Irak et probablement, même en Afghanistan. Aujourd'hui, c'est totalement hors de question.

La principale question est: quel est le but de cette guerre, de cette occupation?
La démocratie, la liberté, les droits des femmes, les droits humains! Faites-moi rire!
Après six ans d'occupation, ouvrons-nous les yeux.
Occupation militaire, corruption et culture du pavot, voilà tout ce dont les Afghans et Afghanes ont récolté.

Avec le régime Harper, il faut s'attendre à ce que le Canada suive aveuglément le meneur états-unien, peu importe ce que les Canadiens désirent. Et, chose étrange, il y aurait des élections et le régime Harper serait reconduit pour un nouveau mandat. Comme quoi, la manipulation de l'opinion est d'une efficacité surprenante.

Parler de la guerre en Afghanistan en terme de courage, dire que le Canada est plus "courageux" que d'autres, est une sorte de manipulation de l'opinion. Le réel courage est en fait, de refuser cette guerre et de dénoncer les politiques impériales états-uniennes. Si le Canada agissait de cette façon, on pourrait dire que le Canada est courageux. Aujourd'hui le seul qualificatif vraiment efficace pour décrire le Canada est "suiveux". Le Canada est un des pays le plus "suiveux" des politiques inhumaines et guerrières des États-Unis.

La guerre est là pour durer. Les vautours qui se graissent la patte feront en sorte de faire durer le conflit. Malgré les offres de négociation talibane, jamais la diplomatie ne sera privilégiée. Malgré les pertes de vie, jamais l'offensive ne sera abandonnée. La diplomatie ou l'arrêt des hostilités représentent des pertes énormes de profits pour les entreprises militaires.

Les Canadiens n'auront jamais de réponses claires. D'ailleurs, les vraies questions ne sont jamais posées. La réalité des choses est constamment masquée par des considérations hypocrites. Aucune question hypocrite et aucune réponse ne peuvent nous éclairer. Seul le cru de la réalité sur le terrain peut nous informer et nous faire réfléchir.
Malheureusement, le travail journalistique, hors du contrôle militaire, est quasi impossible.
Bien peu d'information véritable réussie à sortir d'Afghanistan.

Il faut tenter, tout de même, de voir la situation telle quelle est.



Serge Charbonneau
Québec


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