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Tour d'ivoire, ou le tour de ne pas y voir?
Mais, comme le disait le professeur Arthurs dans son rapport sur les événements tragiques de Concordia " Même si tout le monde semble au courant, il ne se faisait rien ou pas grand chose". Le problème des tâches d'enseignement est cependant très réel.
En partant du bon principe pseudo-démocratique selon lequel tout ce qui n'est pas interdit est permis, avec son corollaire syndical: tout ce qui est interdit appartient au peuple et sera libéré par le peuple, il est clair que la mission première d'enseignement et de recherche de toute université digne de ce nom cède rapidement le pas à la négociation de la tâche.
Par exemple à l'Université du Québec à Hull ( une des constituantes du réseau UQ devenue UQO par la suite) la symbiose administration/syndicat faisait en sorte que non seulement la tâche de 4 cours/année était le maximum que l'on pouvait demander des professeurs, mais que tout professeur pouvait donner autant de cours en appoint qu'il le souhaitait. Sur une période de deux années (1991-1993), le président du syndicat des professeurs qui bénéficiait de dégrèvement d'enseignement pour ses nombreuses tâches "administratives" a pu ainsi donner 23 cours en appoint, soit l'équivalent de la tâche d'enseignement de 6 professeurs à temps complet, pendant que l' un de ses collègues en éducation, le champion toutes catégories, en donnait 29 soit l'équivalent de la tâche d'enseignement de presque 9 professeurs. Pour éviter de payer trop d'impôt, 19 professeurs donnaient 139 cours en appoint en tant que "compagnie" autrement dit en tant que personne morale (?!?) avec la bénédiction de l'institution.
Sans compter les autres cours donnés par des professeurs de l'UQAH dans d'autres constituantes, soit localement comme à l'ENAP de Hull, ou à l'UQTR etc.
Bien entendu, la fonction recherche de toutes ces personnes était inexistante, et là encore avec la bénédiction de l'administration. Autrement dit, le grenouillage patronal/syndical a fait en sorte que les fonctions universitaires complètes de nombreux professeurs n'ont pas été remplies mais avec la pleine connaissance de l'administration.
Les choses se sont un peu améliorées depuis, mais lorsque l'on lit que le recteur Corbo demande aux syndicats de l'UQAM de "négocier avec imagination" on ne peut que frémir.
François Legault avait pourtant eu une bonne idée avec les contrats de performance (échoués par l'UQO....) mais la partisanerie politique y a mis un frein. Ce ne serait pourtant pas déshonorant pour l'actuelle ministre de reprendre le flambeau.
Même si on peut comprendre que des professeurs de l'UQAM croient à leur institution, on peut aussi penser que leurs véhémentes interventions dans le Devoir ne visent qu'à protéger la sinécure mise en lumière par le rapport de KPMG.
Parmi les solutions à envisager, à la grandeur de la Province, pourquoi ne pas donner la possibilité aux domaines qui ne font que transmettre de la connaissance (comptabilité, formation des maîtres, travail social, danse, etc ) de s'ériger en écoles (couplées avec les CEGEPS) avec des tâches adaptées à leurs étudiants, c'est à dire plus de cours et pas de composante recherche?
En outre pourquoi hésiter à fermer des programmes coûteux et improductifs comme à l'UQO où un bacc en génie informatique n'attire que quelques étudiants par année?
Peut-être enfin qu'une solution pour remettre de l'ordre consisterait à remettre sur pied un Ministère des Universités apolitique s'appuyant sur un Conseil des Universités ( évidemment indépendant du club de recteurs de la CREPUQ...) un peu comme celui que Madame Robillard avait fait disparaître pour des raisons plus ou moins futiles.
Bernard Landry le soulignait à propos de la Santé: "Le problème n'est pas l'argent, le problème c'est la gestion des institutions".
Continuer à demander davantage de fonds pour les universités est une aberration.
