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Ça finira par être la faute du peuple.

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Gerry Pagé
Envoyé Le samedi 05 janvier 2008 04:00



On ne sait plus si le «HI HI 2008» fut «un ensemble de ratés spectaculaires de tous ordres» ou «le spectacle d'un ensemble de ratés tous azimuts». En bref et à toute fin pratique, ce navrant échec d'un coup d'envoi qui n'a rien fait lever, fut la retentissante et dernière réussite de Pierre Boulanger et les siens. Dieu merci! Voilà bien mince consolation dont le président, tout aussi responsable que le pdg, demande aux Québécois de s'accommoder.

Ce qui choque n'est pas tellement relié au fait que Denis Bouchard et sa gang de montréalais qui ont toujours pensé et dit, qui pensent et disent encore que Québec est un gros village, aient fait de Place D'Youville une grosse salle paroissiale, prenant les 50 000 «habitants» du 31 décembre pour des accros «bingophiles» et toxicos «casinophiles». Ce qui «déconcrisse» vraiment, c'est que le farfadet soliste national de Québec 2008 ait si grassement payé cette gang de roteux métropolitains pour venir à Québec se foutre de la gueule de tous les Québécois.

Pire encore et sans comparable fut la négligence criminelle, au chapitre des ratés d'une sécurité civile d'obligation, totalement reléguée aux oubliettes des tablettes d'un Québec 2008 d'amateurs, forts de tractations et de petites manchettes tribales. Négligence criminelle dont ont dû s'accommoder plus de 50 000 québécois entassés comme du bétail d'abattoir. Pour ce qui est de la considération que les pachas de Québec 2008 portent à la population, c'est, sans appel, la note «0», au bulletin chiffré de l'appréciation collective des festivaliers de tous âges.

Alors qu'à même l'argent de nos taxes, on paye des «fonctionnaires» depuis bientôt 8 ans, pour prévoir, planifier et organiser, dans tous ses détails, la mise en place les Festivités du 400e, c'est à l'instar du Verglas 1998 et à l'instar du viaduc de la Concorde 2007 que le coup d'envoi de Québec 2008 avait défini et orchestré la sécurité. 0 + 0 = 0! Dans tous les cas, par Commission d'enquête ou autrement, on a ciblé, on cible et on ciblera l'incompétence crasse des irresponsables chargés de projets. Mais, en ne tirant aucune leçon, on systématise et consacre l'incurie des imputables, les gratifiant de l'immunité et de l'impunité mur à mur. Les incompétents s'en sortent les poches pleines et n'ont à répondre d'aucune imputabilité, même si, dans les deux premiers exemples, il y eut des morts. C'est odieux!

À Québec, le 31 décembre, si un seul activiste illuminé ou un seul toxico galvanisé avait déclenché une panique, on aurait décompté les morts par douzaines et les blessés par centaines, puisque ni policiers, ni ambulanciers, ni pompiers, ni autres agents de la prévention, de l'ordre, de la protection et de la sécurité ne pouvaient se frayer quelque accès, à part les «gros bras» mis à la disposition du show man de l'heure, Gregory Charles.

Pas le moindrement dérangé par une telle négligence criminelle et une telle honte nationale, Québec 2008 tasse Pierre Boulanger, tout en l'affectant au hautes fonctions diplomatiques des Relations internationales et en continuant de rémunérer le diplomate gradué de Harvard et Commissionnaire de la Capitale Nationale qui a fait montre du potentiel de sa «diplomatie de brousse», à l'égard des médias, des journalistes et autres agents d'information.

Pas le moindrement dérangé par une telle négligence criminelle et une telle honte nationale, Martin Sirois, le proprio de la firme de garderie mise sous contrat par Québec 2008, multiplie les déclarations à l'effet qu'il n'avait que le mandat du gardiennage des installations, poutrelles et bebelles ainsi que celui de la tutelle sélective de ceux qui venaient y faire leurs steppettes et entourloupettes plus rico-rico triviales et tico-tico banales qu'historico-médiévales.

Apparemment dérangé, mais surtout par la grogne et les témoignages accablants d'un nombre grandissant de citoyens électeurs, leurrés et désabusés, grogne à laquelle la presse écrite, à raison, fait largement écho, Régis Labeaume infirme ce que prétend Martin Sirois; dit réclamer une enquête sur le sujet; déclare, en attendant, que SA ville est en négociation avec SES policiers «syndiqués» et laisse entendre, de ce fait, que l'absence incongrue des premiers responsables de la paix citoyenne et de la sécurité publique est potentiellement attachée avec les ficelles d'une «grève de zèle» ou d'une «bouderie conventionnée». L'adage veut que le peuple ait des poignées dans le dos, mais monsieur le maire n'a certes pas choisi la bonne... Les citoyens sont d'opinion que la Ville a royalement manqué à ses obligations, faisant preuve d'irresponsabilité inquiétante.

Pour ce qui est de la pérennité des titres, des comptes de dépenses illimités et de la pleine sécurité des revenus des titrés et acolytes de la «Foire Québec 2008», il ne fait aucun doute que tout est méticuleusement prévu, minutieusement exécuté et soigneusement vérifié, tel que précisément orchestré. Pour ce qui est de la responsabilité et de l'imputabilité, les contenus de ces concepts sont lessivés et dilués jusqu'au point de leur totale nullité. On se lance et relance la balle, comme en pleine guerre des tuques. Québec est une ville de citadelles!

En bout de ligne, tous les ratés viendraient du seul fait qu'il y avait un flux débordant de la populace badaude qui n'avait rien de plus intéressant à faire, le 31 décembre dernier que de s'entasse à une Place D'Youville déjà encombrée de ferrailles et de murailles. Mais, les ratés seront portés au compte d'une populace mise en appétit, bien astiquée pour des photos réussies de masses servant d'alibi à l'échec et à laquelle, dans les premières rangées, on a servi des petits pains de sous-culture, léchés d'une mélasse artistique passée date.

Après le très cultivé Roland Arpin, le très expérimenté Raymond Garneau et le très futé Pierre Boulanger, resteront à voir les miracles ou les mirages dont sera capable le messie du sauve-qui-peut, venu du tout aussi élitiste que sélectif paradis estival qu'est devenu le Festival d'Été de Québec.

Joyeux Carnaval hivernal sécuritaire 2008. Joyeux Festival estival sécuritaire 2008. Joyeuses Parades médiévales sécuritaires 2008. Joyeuses Bacchanales automnales sécuritaires 2008. Et, que la «sauveté 2008» y trouve tous ses écus .

Gerry Pagé
Ville de Québec

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