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L'ignorance protège.

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Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le jeudi 03 janvier 2008 09:00



Que l'on touche à la richesse sous toutes ses formes, patrimoniales ou non, on s'énerve. Pourtant on touche à la pauvreté sans arrêt, on ne s'en étonne plus. Nous avons mangé du caviar, bu du champagne à flot, manger des huitres et voilà, maintenant qu'il faut penser à ce qui reste. Malraux, très cultivé, faisait du trafic. D'autres, très cultivés, font du trafic en Égypte. D'autres, plus Avida Dollars (sobriquet résultant de la transposition anagrammatique des lettres « Salvador Dalí » créé par André Breton, excédé par le mercantilisme de Salvador Dali), font de leurs villages ou villes de véritables musées à visiter. Pour les gens cultivés, malgré ce qu'en dit l'UNESCO pour que « l'éducation, la science, la culture et la communication puissent «contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde». », il n'y a que ce tourisme-là qui leur plaît. En Irak, ceux qui créèrent le carnage dans les musées n'étaient que des déménageurs de richesses patrimoniales pour les riches occidentaux cultivés. Je ne vois pas un pauvre de Montréal Nord faire un trafic de singes pour son quartier ni un trafic d'oeuvres d'arts pour la simple passion de l'art dont il n'entend que goutte.
J'avais écrit un texte en 2000, « La marginalité comme attrait touristique est une forme de barbarie", Le Devoir, 24 juillet 2000 », sur le sujet mais cela concernait Montréal. Certes, nous n'avons pas à aller si loin. Et puis, si nous sommes si cultivés, nous connaissons l'homme et sa propension à faire du mal sous toutes formes possibles et imaginables. Le tourisme est une activité qui concerne depuis quelque temps le patrimoine mondial pour les occidentaux riches, éduqués et cultivés ou à la retraite. Dans un certain sens, il faudrait mieux ne plus être cultivé car notre ignorance serait la meilleure chose à avoir pour protéger les patrimoines mondiaux que seuls les riches cultivés dilapident à l'aide de déménageurs qui font mal leur travail. Cette semaine, j'ai vu dans une poubelle montréalaise saccagée par des affamés sans aucun doute, La République de Platon. Faut-il aller si loin?

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